Informations
Hsin
Hsin VA
Chinois: Ju Huahua
Japonais: Noto Mamiko
Coréen: So Yeon
Anglais: Suzie Yeung
Rapport d'Examen Forte de Hsin
Puissance de Résonance
Prolifération fractale
Rapport d'Évaluation de Résonance
[Ministère des Affaires de la Sentinelle de Mengzhou : Dossier complet sur la Sentinelle ]
…
Les observations du Ministère des Affaires de la Sentinelle montrent que Hsin la Renarde Lunaire possède le pouvoir de faire proliférer une unité en une multitude de formes distinctes, qu’elle peut multiplier à l’envi. Elle les oriente pour qu’elles se divisent et se ramifient selon leur propre essence, emportant avec elles conscience, perceptions et substance. Chacune est une entité fractale à part entière. Toutes jouissent d’une existence autonome, mais restent invariablement reliées à la source. Sensations et données sensorielles transitent entre elles, et elles peuvent à tout moment se réunifier en un tout cohérent.
Il est également établi que Hsin la Renarde Lunaire possède une maîtrise exceptionnelle dans l'art de concevoir des mécanismes. Sa compréhension des principes qui régissent l'agencement et l'articulation de leurs différents éléments dépasse de très loin le savoir-faire actuel. Grâce à son pouvoir de prolifération fractale, elle est capable d'extrapoler à partir de conceptions existantes, de les reproduire, voire de les reconstituer. Nombre des ingénieux dispositifs que l'on trouve dans toute la ville de Mengzhou portent ainsi la marque de sa virtuosité…
Cependant, la prolifération fractale ne se réduit nullement à un simple art de l'imitation ou de la reproduction. Une fois séparée de sa source, chaque forme fractale fait sa propre expérience du monde, et sa perception évolue au gré de tout ce qu'elle voit et ressent. Avec le temps, même celles nées d'une seule et même origine peuvent ▉▇▇▂…
Annotation du personnel du Ministère des Affaires de la Sentinelle
Les inspections effectuées à ce jour n'ont révélé aucune anomalie. Le présent dossier demeure classé sous son ancienne désignation : « Hsin la Renarde Lunaire, Sentinelle de Mengzhou ». Toute enquête complémentaire sur ses origines est suspendue sur ordre de l'Intendante pour une durée indéterminée.
Rapport de Diagnostic Overclock
[Journal de travail : H001]
L'analyse de l'échantillon issu du test de la courbe de Rabelle révèle un domaine temporel constant, sans aucune fluctuation anormale. Les résultats de l'examen sont jugés conformes aux paramètres normaux.
Conclusion : La criticité de la Résonance dépasse la plage de référence (le compteur a atteint sa limite supérieure : la valeur maximale ne peut donc pas être déterminée). La stabilité est jugée exceptionnellement élevée, sans aucun risque d'Overclocking . On observe toutefois une infime atténuation des fluctuations de fréquence. Pour l'heure, celle-ci a été consignée comme relevant de la marge d'erreur, dans l'attente d'un nouvel examen.
« Aucun antécédent d'Overclocking non plus, donc inutile de prévoir un suivi psychologique… Euh… je dois vraiment noter ça aussi ? »
« Attends, qui t'a dit de faire passer un test de Rabelle à la Sentinelle ? » « Et qu'est-ce que tu voulais qu'on fasse d'autre ? C'est tout ce qu'on a sous la main pour le moment. Ce n'est pas toi qui répétais sans arrêt que tu voulais étudier la Sentinelle ? »
« Tu crois ? Au moins, on a obtenu une mesure ! »
« Au fait… tu crois que ces données sont vraiment fiables… ? » « Comment ça ? »
« Eh bien… après avoir lu le rapport, dame Hsin s'est contentée de sourire avant de demander : "Ça ressemble davantage à ce que vous avez l'habitude d'observer ?" »
« … »
« On va éviter de verser celui-ci au dossier pour l'instant. »
Addendum : H001 a été effectué dans le cadre d'une observation préliminaire ponctuelle, à l'aide des équipements dédiés aux Résonateurs et des modèles d'analyse disponibles. Le sujet étudié ne relevant pas du champ d'application prévu par ces dispositifs, certaines valeurs ont excédé la plage de mesure. Il est dès lors impossible de déterminer si la forme d'onde observée relève de la fréquence propre de la Sentinelle ou d'une correction active des données. La structure même de la Sentinelle et la nature de ses pouvoirs excèdent de loin les capacités des systèmes de détection actuels. Toute poursuite des investigations nécessitera l'ouverture d'un dossier dédié…
Objets Précieux & Faveurs de Hsin

Renard au grand cœur
Même une Sentinelle a ses faiblesses. Fabriquer un cadeau de remerciement pour l'Arbitre de ses propres mains n'est décidément pas son fort.
Elle avait pourtant bien l'intention de créer quelque chose d'élégant, mais son esprit s'est égaré, et quand elle les a repris, le duvet amassé dans sa paume avait déjà pris la forme d'un petit renard bien trop rond. Elle était bien loin de l'imposante Sentinelle miniature qu'elle avait imaginée.
Bien sûr, à la différence des renards que Hsin engendre par prolifération fractale, celui-ci n’est qu’un simple objet confectionné à la main. Il ne bouge pas. Il ne parle pas. Et il ne saurait sentir la chaleur d’une main qui le retient, ni celle d’un geste tendre.
Non. Il n’en est pas capable.

Premier Volimilan
Le premier Volimilan des Terres de Xuanfang fut façonné par Hsin elle-même.
Elle le conçut à l’image de son cher compagnon, l’oiseau Xuanling , et y insuffla l’ultime fréquence qu’il avait laissée, afin qu’il pût encore déployer ses ailes et fendre les cieux de Xuanfang.
Par la suite, les artisans de Xuanfang s’en inspirèrent pour élaborer leurs propres créations. Les Volimilans essaimèrent peu à peu dans les foyers, portant les mots, les émotions et les silences de chacun. L’original devint le modèle sacré, le prototype dont la mémoire s’imprima dans l’esprit des artisans. Certains lui vouèrent une vie entière, peaufinant sans cesse leur ouvrage, dans l’espoir de faire revivre l’éclat vibrant de l’oiseau qu’ils avaient un jour vu.

Quiétude du Cœur
Un lieu secret au cœur de ses terres, où Hsin aime à présent se retirer pour savourer le repos. Jardins, eaux vives, étangs, jusqu'aux lanternes lunaires qui y tremblent doucement : tout y évoque ce qu'elle a vu jadis de ses propres yeux, au fil de ses errances chez les mortels, ainsi que les vœux et bénédictions pieusement confiés à la Sentinelle. On y trouve également maints savoirs archaïques et cultures perdues, désormais introuvables ailleurs… Ces bribes, menues comme les grains de sable charriés par le long cours des civilisations, elle les a glanées une à une, puis lentement agencées, pour faire naître un monde où elle pourrait enfin trouver l'apaisement.
Parfois, un visiteur d’exception franchit le seuil de ce lieu. Et lorsque cela arrive, quand le ruisseau murmure son antique complainte et que la nuit s’étend comme elle l’a toujours fait, la Sentinelle dépose le poids des contrées lointaines. À la clarté tremblante de la lampe, elle prend place, une assiette de douceurs à portée de main, et échange avec son invité des paroles que seuls les songes osent porter.
Histoire de Hsin
Les ruelles paisibles
La légende veut que chaque année, au Festival de la Lune naissante, alors que mille lanternes glissent au fil de l'eau, Hsin la Renarde Lunaire épie la première d'entre elles à toucher le cœur du lac. Elle la saisit, se métamorphose en un petit renard, et rejoint le foyer qui l'a déposée sur l'eau.
Bien sûr, ce n’est là qu’une rumeur parmi d’autres. Certains racontent que Dame Hsin envoie un renard messager parcourir le monde des mortels, et que, dès qu’il découvre une lanterne portant un vœu qui lui plaît tout particulièrement, il s’en empare sans vergogne et la rapporte au sanctuaire pour qu’elle puisse la déguster à loisir. D’autres jurent, avec le plus grand sérieux, que rien ne réjouit davantage la Sentinelle que de tourmenter les amoureux transis et les jeunes filles en peine. Elle jetterait son dévolu sur les lanternes de mariage, puis soumettrait les prétendants à des épreuves plus cruelles et extravagantes que dans n’importe quel roman, jusqu’à ce que leur amour, éprouvé comme l’or au feu, se révèle assez sincère pour mériter une fin heureuse.
Plus tard, un conteur trouva que les légendes de la Renarde Lunaire n'étaient pas encore assez étranges à son goût. Il décida donc d'y ajouter quelques détails de son cru. Selon lui, un téméraire aurait un jour poursuivi la Renarde Lunaire à travers rues et ruelles, avant d'apercevoir, perchée sur un toit, une femme vêtue de rouge. Une lanterne lunaire serrée contre elle, elle riait d'un rire à vous glacer le sang. « Tu as découvert mon secret. Es-tu prêt à en payer le prix ? »
L’histoire fit sensation et ne tarda pas à donner naissance à plusieurs suites, chacune plus extravagante que la précédente. Au bout d’un moment, plus personne ne se souciait vraiment de savoir si tout cela était vrai. Mais toute histoire a une origine. Et, juste à côté de l’étal du conteur, se tenait un vieux marchand de figurines en sucre. La rumeur voulait qu’il ait lui-même vécu les événements à l’origine de la légende. Chaque fois qu’on l’interrogeait, le vieil homme se contentait de faire non de la main, un sourire aux lèvres.
« Tout a été déformé », disait-il. « À force d'être remanié, tout a été déformé. »
Cette année-là, une pluie diluvienne s'abattit soudain sur lesTerres de Xuanfang . Le fleuve enfla, et ses eaux devinrent traîtresses. Séparé de sa famille, un enfant s'était blotti sous l'arche d'un pont. Il pleurait en serrant contre lui une lanterne lunaire sur laquelle il avait inscrit un message pour sa mère disparue. La pluie avait détrempé le papier, et malgré tous ses efforts, l'enfant ne parvenait pas à allumer la lanterne.
C'est alors qu'un petit renard surgit de l'ombre, le pelage aussi blanc que la neige fraîche. Il saisit la lanterne détrempée entre ses crocs et détala.
L’enfant n’aurait su dire où il avait puisé le courage de se lancer à sa poursuite, mais il suivit le renard sous la pluie, presque sur toute la longueur de la rue, jusqu’à ce que celui-ci s’arrête enfin sous l’auvent d’une maison. À l’intérieur, son père se tenait là, les yeux rougis par l’inquiétude, implorant les passants de lui donner ne serait-ce qu’une nouvelle de son fils disparu.
Lorsque le père et le fils eurent fini de s'étreindre et se retournèrent, le renard n'était plus là. Seule demeurait la lanterne lunaire, intacte, posée sur les marches de pierre. La pluie aurait pourtant dû la réduire à néant.
Nul ne sut dire à quel moment cela s'était produit, mais, d'une manière ou d'une autre, la lanterne brûlait désormais d'une douce lumière.
« Alors, c'est vraiment comme ça que les choses se sont passées ? »
Assise devant l'étal, la femme joignit les mains, le regard ébloui. Vêtue de rouge éclatant, les cheveux d'encre, elle était d'une beauté à couper le souffle. On l'aurait prise, à première vue, pour un esprit échappé des pages d'une vieille légende. Le menton posé sur sa paume, elle ne quittait plus le marchand des yeux, fascinée.
« Et cette histoire, « Le renard qui noua les fils du destin »… elle est vraie, elle aussi ? »
À la vue de ce sourire, le marchand comprit qu’elle n’attendait pas de réponse. Elle aimait juste poser la question. Il secoua la tête, amusé.
« Ah… après toutes ces années à les raconter encore et encore, qui peut encore démêler le vrai du faux ? »
Les badauds rassemblés autour de l'étal acquiescèrent, puis se mirent à en discuter entre eux.
« N'empêche, ce sont les histoires qui font froid dans le dos qu'on retient le mieux. Si on ne raconte que l'histoire d'un enfant perdu qui retrouve le chemin de chez lui, qu'est-ce qu'on peut bien en raconter pendant cent ans ? »
« Je ne suis pas d'accord. Une bonne histoire n'a besoin ni de monstres ni d'amours tragiques. Il suffit qu'elle soit bien racontée. »
Le marchand les laissa se chamailler, non sans jeter un regard à la femme vêtue de rouge, qui suivait leur échange avec un plaisir évident. Puis il baissa de nouveau les yeux et reprit le façonnage de la figurine en sucre entre ses mains.
Peu après, il posa sur le comptoir un nouveau renard en sucre. La queue fièrement dressée, le pelage rehaussé çà et là d'une touche de rouge, il tenait entre ses crocs une minuscule lanterne lunaire.
À cet instant, le conteur de l'étal voisin frappa son bloc de bois et s'éclaircit la gorge, avant de reprendre son récit là où il l'avait laissé. Les auditeurs qui, quelques instants plus tôt encore, se disputaient à grands cris ne tardèrent pas à soupirer, s'exclamer et applaudir au gré des rebondissements. Lorsque ce chapitre prit fin, certains en réclamèrent davantage, bien décidés à ne pas laisser la soirée s'achever si vite.
Le conteur joignit les poings devant lui en guise de salut. Son regard se posa alors sur la femme en rouge, restée assise devant l'étal de figurines en sucre durant tout le récit.
« Vous écoutez depuis le début de la soirée, mais vous n'avez encore rien dit. Histoires étranges, amours tragiques, héros d'autrefois… lesquels ont votre préférence ? »
La femme marqua un temps d'arrêt. À la surprise générale, elle réfléchit sérieusement à la question.
La nuit était désormais complètement tombée. Tout au long de la rue, les lanternes se balançaient doucement, déposant dans ses yeux des reflets d'or et de pourpre. Du côté des étals de nourriture montaient les tintements des coupes et le murmure des rires. Un enfant passa en courant, brandissant au-dessus de la foule une figurine en sucre.
« Toutes », répondit-elle enfin, le menton posé dans la paume tandis que son regard parcourait la rue grouillante de vie. « Tant qu'elles viennent d'ici, je les aime toutes. »
Elle s'interrompit un instant, puis ajouta avec un doux sourire :
« Alors… je vous en prie, conteur. Continuez donc. »
« Eh bien, dans ce cas, que tout le monde s'installe bien confortablement. Parce que la prochaine histoire… vous n'êtes pas près de l'oublier. »
Le bloc de bois claqua de nouveau. Les auditeurs se turent.
Et ainsi commença une nouvelle histoire.
Bien sûr, ce n’est là qu’une rumeur parmi d’autres. Certains racontent que Dame Hsin envoie un renard messager parcourir le monde des mortels, et que, dès qu’il découvre une lanterne portant un vœu qui lui plaît tout particulièrement, il s’en empare sans vergogne et la rapporte au sanctuaire pour qu’elle puisse la déguster à loisir. D’autres jurent, avec le plus grand sérieux, que rien ne réjouit davantage la Sentinelle que de tourmenter les amoureux transis et les jeunes filles en peine. Elle jetterait son dévolu sur les lanternes de mariage, puis soumettrait les prétendants à des épreuves plus cruelles et extravagantes que dans n’importe quel roman, jusqu’à ce que leur amour, éprouvé comme l’or au feu, se révèle assez sincère pour mériter une fin heureuse.
Plus tard, un conteur trouva que les légendes de la Renarde Lunaire n'étaient pas encore assez étranges à son goût. Il décida donc d'y ajouter quelques détails de son cru. Selon lui, un téméraire aurait un jour poursuivi la Renarde Lunaire à travers rues et ruelles, avant d'apercevoir, perchée sur un toit, une femme vêtue de rouge. Une lanterne lunaire serrée contre elle, elle riait d'un rire à vous glacer le sang. « Tu as découvert mon secret. Es-tu prêt à en payer le prix ? »
L’histoire fit sensation et ne tarda pas à donner naissance à plusieurs suites, chacune plus extravagante que la précédente. Au bout d’un moment, plus personne ne se souciait vraiment de savoir si tout cela était vrai. Mais toute histoire a une origine. Et, juste à côté de l’étal du conteur, se tenait un vieux marchand de figurines en sucre. La rumeur voulait qu’il ait lui-même vécu les événements à l’origine de la légende. Chaque fois qu’on l’interrogeait, le vieil homme se contentait de faire non de la main, un sourire aux lèvres.
« Tout a été déformé », disait-il. « À force d'être remanié, tout a été déformé. »
Cette année-là, une pluie diluvienne s'abattit soudain sur les
C'est alors qu'un petit renard surgit de l'ombre, le pelage aussi blanc que la neige fraîche. Il saisit la lanterne détrempée entre ses crocs et détala.
L’enfant n’aurait su dire où il avait puisé le courage de se lancer à sa poursuite, mais il suivit le renard sous la pluie, presque sur toute la longueur de la rue, jusqu’à ce que celui-ci s’arrête enfin sous l’auvent d’une maison. À l’intérieur, son père se tenait là, les yeux rougis par l’inquiétude, implorant les passants de lui donner ne serait-ce qu’une nouvelle de son fils disparu.
Lorsque le père et le fils eurent fini de s'étreindre et se retournèrent, le renard n'était plus là. Seule demeurait la lanterne lunaire, intacte, posée sur les marches de pierre. La pluie aurait pourtant dû la réduire à néant.
Nul ne sut dire à quel moment cela s'était produit, mais, d'une manière ou d'une autre, la lanterne brûlait désormais d'une douce lumière.
« Alors, c'est vraiment comme ça que les choses se sont passées ? »
Assise devant l'étal, la femme joignit les mains, le regard ébloui. Vêtue de rouge éclatant, les cheveux d'encre, elle était d'une beauté à couper le souffle. On l'aurait prise, à première vue, pour un esprit échappé des pages d'une vieille légende. Le menton posé sur sa paume, elle ne quittait plus le marchand des yeux, fascinée.
« Et cette histoire, « Le renard qui noua les fils du destin »… elle est vraie, elle aussi ? »
À la vue de ce sourire, le marchand comprit qu’elle n’attendait pas de réponse. Elle aimait juste poser la question. Il secoua la tête, amusé.
« Ah… après toutes ces années à les raconter encore et encore, qui peut encore démêler le vrai du faux ? »
Les badauds rassemblés autour de l'étal acquiescèrent, puis se mirent à en discuter entre eux.
« N'empêche, ce sont les histoires qui font froid dans le dos qu'on retient le mieux. Si on ne raconte que l'histoire d'un enfant perdu qui retrouve le chemin de chez lui, qu'est-ce qu'on peut bien en raconter pendant cent ans ? »
« Je ne suis pas d'accord. Une bonne histoire n'a besoin ni de monstres ni d'amours tragiques. Il suffit qu'elle soit bien racontée. »
Le marchand les laissa se chamailler, non sans jeter un regard à la femme vêtue de rouge, qui suivait leur échange avec un plaisir évident. Puis il baissa de nouveau les yeux et reprit le façonnage de la figurine en sucre entre ses mains.
Peu après, il posa sur le comptoir un nouveau renard en sucre. La queue fièrement dressée, le pelage rehaussé çà et là d'une touche de rouge, il tenait entre ses crocs une minuscule lanterne lunaire.
À cet instant, le conteur de l'étal voisin frappa son bloc de bois et s'éclaircit la gorge, avant de reprendre son récit là où il l'avait laissé. Les auditeurs qui, quelques instants plus tôt encore, se disputaient à grands cris ne tardèrent pas à soupirer, s'exclamer et applaudir au gré des rebondissements. Lorsque ce chapitre prit fin, certains en réclamèrent davantage, bien décidés à ne pas laisser la soirée s'achever si vite.
Le conteur joignit les poings devant lui en guise de salut. Son regard se posa alors sur la femme en rouge, restée assise devant l'étal de figurines en sucre durant tout le récit.
« Vous écoutez depuis le début de la soirée, mais vous n'avez encore rien dit. Histoires étranges, amours tragiques, héros d'autrefois… lesquels ont votre préférence ? »
La femme marqua un temps d'arrêt. À la surprise générale, elle réfléchit sérieusement à la question.
La nuit était désormais complètement tombée. Tout au long de la rue, les lanternes se balançaient doucement, déposant dans ses yeux des reflets d'or et de pourpre. Du côté des étals de nourriture montaient les tintements des coupes et le murmure des rires. Un enfant passa en courant, brandissant au-dessus de la foule une figurine en sucre.
« Toutes », répondit-elle enfin, le menton posé dans la paume tandis que son regard parcourait la rue grouillante de vie. « Tant qu'elles viennent d'ici, je les aime toutes. »
Elle s'interrompit un instant, puis ajouta avec un doux sourire :
« Alors… je vous en prie, conteur. Continuez donc. »
« Eh bien, dans ce cas, que tout le monde s'installe bien confortablement. Parce que la prochaine histoire… vous n'êtes pas près de l'oublier. »
Le bloc de bois claqua de nouveau. Les auditeurs se turent.
Et ainsi commença une nouvelle histoire.
Être Hsin
Au moment où sa conscience s'éveilla, ce qu'elle ressentit d'abord, ce fut la perte.
L'ombre tapie au cœur de l'Hôtel de ville deMengzhou guettait son heure depuis des années, comme une liane parasite rongeant lentement, patiemment, les fondations de la Sentinelle . Le jour où ses véritables desseins meurtriers éclatèrent au grand jour, l'irréparable était déjà accompli.
Aujourd'hui encore, Hsin revient sans cesse à cet instant. Peut-être avait-elle senti depuis longtemps la corruption à l'œuvre. Peut-être n'avait-elle fait qu'entrevoir, parmi les innombrables ramifications de ses calculs, une centaine de sombres possibilités. Mais jusqu'où son regard avait-il réellement porté, et quel choix avait-elle finalement fait ? Hsin ne le saurait jamais.
Les mortels voient dans les Sentinelles des divinités : elles instruisent, elles dévoilent l'invisible. Mais cette vénération ne tient qu'à un décalage de regard, celui qu'imposent les siècles. Car les Sentinelles aussi vieillissent, et s'éteignent. Ainsi, comme les baleines dont les corps plongent au fond des mers, elles ouvrent la route à ceux qui viennent, et les portent vers des horizons inconnus. Hsin la Renarde Lunaire savait que la civilisation est un fleuve mouvant, clair par moments, obscur à d'autres. Une Sentinelle peut en infléchir le courant, mais elle ne peut nager à la place de tous.
Hsin ne pouvait qu'imaginer que, jusqu'au tout dernier instant, Hsin la Renarde Lunaire avait continué de choisir, continué de tendre la main parmi une infinité de fils possibles vers un avenir auquel elle pouvait croire.
Puis, en ce même instant, pouvoir, souvenirs et sentiments furent brutalement arrachés les uns aux autres. Le vide et la terreur se mêlèrent en un tourbillon. Et au milieu de ce chaos, le petit renard qui courait, lacapsule de civilisation entre les crocs, crut entendre une voix douce.
« N'essaie pas de devenir comme moi. Deviens toi-même. Choisis. Avance vers un avenir qui échappe à tout calcul. »
Mais alors, qui était ce « toi-même » ?
Était-elle la Sentinelle, Hsin la Renarde Lunaire ? Ou n'était-elle qu'une solution de circonstance, créée dans l'urgence pour accomplir une mission ? Ou bien était-elle… tout simplement Hsin ?
La capsule de civilisation déroula devant elle les mille années qui avaient vu Mengzhou s'élever et décliner. La prospérité. L'effondrement. La paix. La guerre. Tout pouvait être calculé. Tout pouvait être ramené à son origine. Et pourtant, tout se déroulait devant elle comme un rouleau bien trop long pour qu'elle puisse le tenir tout entier. Elle avait hérité de ces souvenirs, mais pas du poids de les avoir vécus. Et malgré cela, le chagrin, la terreur, le désir… tout bouillonnait en elle, aussi vif que des plaies ouvertes, aussi inexplicable que ces souvenirs dont elle n'avait jamais vécu l'histoire.
Si la Sentinelle, celle vers qui les mortels se tournaient pour trouver des réponses, s'était elle-même égarée, alors vers qui pouvait-elle se tourner ? Si le jugement d'une Sentinelle était censé reposer sur la raison et le calcul, pourquoi Hsin la Renarde Lunaire lui avait-elle insufflé des émotions si vives, si indomptables, si étrangères à toute logique ?
Un cri aigu et cristallin fendit soudain la tempête de ses pensées.
L'oiseau Xuanling fondit sur elle et se posa sur sa tête, puis lui donna quelques coups de bec sans la moindre cérémonie, comme pour la réprimander de s'être une fois de plus laissé happer par une vieille spirale de pensées, même en plein repos.
« Aïe… » marmonna la Sentinelle fraîchement éveillée, les oreilles de renard rabattues d'un air coupable.
La route était encore longue. De vastes pans de la structure de la Cité de Xuanfang étaient encore inachevés. La seule création d'unecour de détention nécessiterait des milliers de milliards de calculs. Hsin se redressa et enfouit une fois encore dans les domaines du cœur ce chagrin, cette confusion et ce désir auxquels elle ne savait pas encore donner de nom.
Elle leva la main et remit la formation de l'Anneau céleste en mouvement.
L'ombre tapie au cœur de l'Hôtel de ville de
Aujourd'hui encore, Hsin revient sans cesse à cet instant. Peut-être avait-elle senti depuis longtemps la corruption à l'œuvre. Peut-être n'avait-elle fait qu'entrevoir, parmi les innombrables ramifications de ses calculs, une centaine de sombres possibilités. Mais jusqu'où son regard avait-il réellement porté, et quel choix avait-elle finalement fait ? Hsin ne le saurait jamais.
Les mortels voient dans les Sentinelles des divinités : elles instruisent, elles dévoilent l'invisible. Mais cette vénération ne tient qu'à un décalage de regard, celui qu'imposent les siècles. Car les Sentinelles aussi vieillissent, et s'éteignent. Ainsi, comme les baleines dont les corps plongent au fond des mers, elles ouvrent la route à ceux qui viennent, et les portent vers des horizons inconnus. Hsin la Renarde Lunaire savait que la civilisation est un fleuve mouvant, clair par moments, obscur à d'autres. Une Sentinelle peut en infléchir le courant, mais elle ne peut nager à la place de tous.
Hsin ne pouvait qu'imaginer que, jusqu'au tout dernier instant, Hsin la Renarde Lunaire avait continué de choisir, continué de tendre la main parmi une infinité de fils possibles vers un avenir auquel elle pouvait croire.
Puis, en ce même instant, pouvoir, souvenirs et sentiments furent brutalement arrachés les uns aux autres. Le vide et la terreur se mêlèrent en un tourbillon. Et au milieu de ce chaos, le petit renard qui courait, la
« N'essaie pas de devenir comme moi. Deviens toi-même. Choisis. Avance vers un avenir qui échappe à tout calcul. »
Mais alors, qui était ce « toi-même » ?
Était-elle la Sentinelle, Hsin la Renarde Lunaire ? Ou n'était-elle qu'une solution de circonstance, créée dans l'urgence pour accomplir une mission ? Ou bien était-elle… tout simplement Hsin ?
La capsule de civilisation déroula devant elle les mille années qui avaient vu Mengzhou s'élever et décliner. La prospérité. L'effondrement. La paix. La guerre. Tout pouvait être calculé. Tout pouvait être ramené à son origine. Et pourtant, tout se déroulait devant elle comme un rouleau bien trop long pour qu'elle puisse le tenir tout entier. Elle avait hérité de ces souvenirs, mais pas du poids de les avoir vécus. Et malgré cela, le chagrin, la terreur, le désir… tout bouillonnait en elle, aussi vif que des plaies ouvertes, aussi inexplicable que ces souvenirs dont elle n'avait jamais vécu l'histoire.
Si la Sentinelle, celle vers qui les mortels se tournaient pour trouver des réponses, s'était elle-même égarée, alors vers qui pouvait-elle se tourner ? Si le jugement d'une Sentinelle était censé reposer sur la raison et le calcul, pourquoi Hsin la Renarde Lunaire lui avait-elle insufflé des émotions si vives, si indomptables, si étrangères à toute logique ?
Un cri aigu et cristallin fendit soudain la tempête de ses pensées.
L'
« Aïe… » marmonna la Sentinelle fraîchement éveillée, les oreilles de renard rabattues d'un air coupable.
La route était encore longue. De vastes pans de la structure de la Cité de Xuanfang étaient encore inachevés. La seule création d'une
Elle leva la main et remit la formation de l'Anneau céleste en mouvement.
Le Val tout proche
Lorsque les membres de la Cour de Savantae se livrèrent à l'Axe du lexique et rouvrirent les yeux, ils se retrouvèrent dans l'unité centrale de Xuanfang, au cœur du Sanctuaire de mille formes de la Sentinelle Hsin.
Le fracas du champ de bataille des Forteresses et des Gorges résonnait encore à leurs oreilles. Mais devant eux, il n'y avait plus que le silence, le vide, l'immensité blanche et infinie d'un nulle part sans contours. Les fréquences s'entrecroisaient comme les courants d'une mer profonde. L'information se déployait sous des formes innommables. Des théories auxquelles il aurait fallu consacrer des vies entières pour n'en entrevoir qu'un fragment s'offraient désormais à eux avec une clarté parfaite. Comme si, libérés de leur enveloppe terrestre, les Célestes avaient enfin trouvé le moyen de voir le monde tel que le voyait la Sentinelle.
Lorsque le voile de lumière qui les enveloppait se déchira, ils constatèrent, saisis, qu'ils avaient gardé leurs traits d'antan. Certains restèrent pétrifiés, le souffle retenu, figés dans l'immobilité. D'autres déjà s'efforçaient de déchiffrer l'étrange architecture de leur propre être. Un à un, sans un mot, ils firent leur deuil de ce qu'ils avaient été. Alors, comme des étoiles naissant dans un ciel encore vide, des calculs nouveaux s'allumèrent dans l'étendue, telles des lucioles dans la nuit.
Devenus Célestes, ils ne percevaient plus le passage du temps. Ils ne ressentaient plus ni la faim ni la fatigue. Et lorsqu’il leur arrivait, en de rares occasions, de se retirer de la formation de l’Anneau céleste, leurs yeux ne rencontraient toujours que cette même immensité de données, infinie et immuable.
Hsin, toujours rongée par la culpabilité, prenait la forme d'un renard et arpentait les couloirs du sanctuaire : elle les guidait, plaisantait avec eux, leur changeait les idées, sans jamais parvenir à tenir en place. Un jour, elle passa devant une salle où plusieurs Célestes s'étaient rassemblés autour d'une structure de données. Ils parlaient à voix basse, avec une nuance qui ressemblait étrangement au mal du pays.
Elle s'approcha et découvrit ce qu'ils avaient façonné : des lignes vert jade traçaient des chaînes de montagnes. Entre elles serpentait un ruban de lumière semblable à une rivière ; çà et là, parmi les sommets, des points lumineux évoquaient des villes scintillant au loin. Le renard contempla la scène un long moment, puis se retira sans bruit.
Quand les Célestes revinrent dans la salle, peu de temps après, le vide s’était évanoui. Des nuages flottaient au-dessus des montagnes lointaines. Un ruisseau coulait, se glissant entre les pierres. Les arbres étaient touffus, d’un vert profond, et leurs feuilles brillaient sous la lumière, pareilles à des écailles d’eau. Des pavillons se dissimulaient à demi dans les bambous et les ombres mouvantes. Une brise légère courait sous les toits, emportant l’odeur fraîche de l’herbe et de la terre humide. Et, merveille inattendue, tout cela ressemblait au pays qu’ils n’avaient jamais cessé de porter en eux.
La Sentinelle se tenait devant le Portail intérieur, le sourire étincelant comme une lame, les mains ouvertes dans une élégance toute cérémonieuse, tandis que ses oreilles de renard frémissaient d'une fierté qu'elle dissimulait à grand-peine. Elle contempla l'assemblée médusée devant elle et lança d'un ton enjoué :
« Quoi ? Ce n'est pas parce que vous êtes devenus des Célestes que le monde des mortels vous est devenu inaccessible, tout de même ? »
« Ne restez pas plantés là à me dévisager. Dites-moi plutôt : il y a quelque chose qui ne vous plaît pas ? Ah, et tant que j'y pense, j'essaie justement de trouver un nom à cet endroit. Vous auriez une idée ? Rien de ce qui me vient ne semble vraiment convenir. »
Plus tard, ce paysage reçut enfin un nom : le Val de Mengxuan. Hsin le relia peu à peu aux mécanismes de la Cité de Xuanfang, fil après fil, nœud après nœud. Lorsqu'un nœud tombait en panne, les feuilles se flétrissaient sur les branches. Lorsque le fonctionnement des composants modulaires ralentissait, le cours du ruisseau se faisait lui aussi plus paresseux. Un jour, un groupe de Célestes longea le ruisseau et remarqua un arbre dont les feuilles s'affaissaient d'un seul côté. Ils s'arrêtèrent aussitôt.
« Le secteurWuchen présente plusieurs registres corrompus. »
Les Célestes disparurent sur-le-champ. Quelques instants plus tard, ils revinrent de l'intérieur des composants modulaires et constatèrent que les branches avaient déjà commencé à retrouver leur verdure.
Non loin de là, Hsin observait la scène avec amusement. Le menton posé dans la main, elle lança : « Tss, tss. Alors comme ça, vous avez fait des montagnes et des ruisseaux le reflet des innombrables mécanismes de Xuanfang ? Il vous suffit de voir une feuille s'affaisser pour repérer une anomalie… Hé hé. Dans vos anciennes vies, vous auriez parlé de "suivi opérationnel sur tableau de bord", non ? »
Les Célestes échangèrent un regard, puis secouèrent la tête avec un rire discret. Depuis longtemps déjà, ils s'étaient habitués aux plaisanteries de la Sentinelle.
Et ainsi, les années continuèrent de s'écouler en ces lieux, simplement sous une autre forme. Au-delà du Nexus du Simulacre, Xuanfang poursuivait sa course. Mais au cœur du Val, le monde des mortels n'était jamais bien loin.
Le fracas du champ de bataille des Forteresses et des Gorges résonnait encore à leurs oreilles. Mais devant eux, il n'y avait plus que le silence, le vide, l'immensité blanche et infinie d'un nulle part sans contours. Les fréquences s'entrecroisaient comme les courants d'une mer profonde. L'information se déployait sous des formes innommables. Des théories auxquelles il aurait fallu consacrer des vies entières pour n'en entrevoir qu'un fragment s'offraient désormais à eux avec une clarté parfaite. Comme si, libérés de leur enveloppe terrestre, les Célestes avaient enfin trouvé le moyen de voir le monde tel que le voyait la Sentinelle.
Lorsque le voile de lumière qui les enveloppait se déchira, ils constatèrent, saisis, qu'ils avaient gardé leurs traits d'antan. Certains restèrent pétrifiés, le souffle retenu, figés dans l'immobilité. D'autres déjà s'efforçaient de déchiffrer l'étrange architecture de leur propre être. Un à un, sans un mot, ils firent leur deuil de ce qu'ils avaient été. Alors, comme des étoiles naissant dans un ciel encore vide, des calculs nouveaux s'allumèrent dans l'étendue, telles des lucioles dans la nuit.
Devenus Célestes, ils ne percevaient plus le passage du temps. Ils ne ressentaient plus ni la faim ni la fatigue. Et lorsqu’il leur arrivait, en de rares occasions, de se retirer de la formation de l’Anneau céleste, leurs yeux ne rencontraient toujours que cette même immensité de données, infinie et immuable.
Hsin, toujours rongée par la culpabilité, prenait la forme d'un renard et arpentait les couloirs du sanctuaire : elle les guidait, plaisantait avec eux, leur changeait les idées, sans jamais parvenir à tenir en place. Un jour, elle passa devant une salle où plusieurs Célestes s'étaient rassemblés autour d'une structure de données. Ils parlaient à voix basse, avec une nuance qui ressemblait étrangement au mal du pays.
Elle s'approcha et découvrit ce qu'ils avaient façonné : des lignes vert jade traçaient des chaînes de montagnes. Entre elles serpentait un ruban de lumière semblable à une rivière ; çà et là, parmi les sommets, des points lumineux évoquaient des villes scintillant au loin. Le renard contempla la scène un long moment, puis se retira sans bruit.
Quand les Célestes revinrent dans la salle, peu de temps après, le vide s’était évanoui. Des nuages flottaient au-dessus des montagnes lointaines. Un ruisseau coulait, se glissant entre les pierres. Les arbres étaient touffus, d’un vert profond, et leurs feuilles brillaient sous la lumière, pareilles à des écailles d’eau. Des pavillons se dissimulaient à demi dans les bambous et les ombres mouvantes. Une brise légère courait sous les toits, emportant l’odeur fraîche de l’herbe et de la terre humide. Et, merveille inattendue, tout cela ressemblait au pays qu’ils n’avaient jamais cessé de porter en eux.
La Sentinelle se tenait devant le Portail intérieur, le sourire étincelant comme une lame, les mains ouvertes dans une élégance toute cérémonieuse, tandis que ses oreilles de renard frémissaient d'une fierté qu'elle dissimulait à grand-peine. Elle contempla l'assemblée médusée devant elle et lança d'un ton enjoué :
« Quoi ? Ce n'est pas parce que vous êtes devenus des Célestes que le monde des mortels vous est devenu inaccessible, tout de même ? »
« Ne restez pas plantés là à me dévisager. Dites-moi plutôt : il y a quelque chose qui ne vous plaît pas ? Ah, et tant que j'y pense, j'essaie justement de trouver un nom à cet endroit. Vous auriez une idée ? Rien de ce qui me vient ne semble vraiment convenir. »
Plus tard, ce paysage reçut enfin un nom : le Val de Mengxuan. Hsin le relia peu à peu aux mécanismes de la Cité de Xuanfang, fil après fil, nœud après nœud. Lorsqu'un nœud tombait en panne, les feuilles se flétrissaient sur les branches. Lorsque le fonctionnement des composants modulaires ralentissait, le cours du ruisseau se faisait lui aussi plus paresseux. Un jour, un groupe de Célestes longea le ruisseau et remarqua un arbre dont les feuilles s'affaissaient d'un seul côté. Ils s'arrêtèrent aussitôt.
« Le secteur
Les Célestes disparurent sur-le-champ. Quelques instants plus tard, ils revinrent de l'intérieur des composants modulaires et constatèrent que les branches avaient déjà commencé à retrouver leur verdure.
Non loin de là, Hsin observait la scène avec amusement. Le menton posé dans la main, elle lança : « Tss, tss. Alors comme ça, vous avez fait des montagnes et des ruisseaux le reflet des innombrables mécanismes de Xuanfang ? Il vous suffit de voir une feuille s'affaisser pour repérer une anomalie… Hé hé. Dans vos anciennes vies, vous auriez parlé de "suivi opérationnel sur tableau de bord", non ? »
Les Célestes échangèrent un regard, puis secouèrent la tête avec un rire discret. Depuis longtemps déjà, ils s'étaient habitués aux plaisanteries de la Sentinelle.
Et ainsi, les années continuèrent de s'écouler en ces lieux, simplement sous une autre forme. Au-delà du Nexus du Simulacre, Xuanfang poursuivait sa course. Mais au cœur du Val, le monde des mortels n'était jamais bien loin.
Là où le printemps demeure
Un pétale se détacha d'une branche, tournoya un instant, puis vint se poser en plein sur le museau du petit renard.
L'animal resta un instant parfaitement immobile, puis éternua, projetant le pétale au sol. Le petit renard secoua la tête et leva les yeux vers les branches en fleurs qui surplombaient le mur.
Des années avaient passé depuis laGuerre des Forteresses et des Gorges . Transplanté à Xuanfang, cet arbre venait enfin de refleurir.
Hsin s'attarda longtemps sous l'arbre avant de reprendre sa route le long de la ruelle. Ceux qui avaient jadis quitté laForteresse Yuan pour s'installer ici s'étaient, au fil du temps, refait un foyer, un peu partout dans la cité. D'anciennes enseignes, aux lettres encore déchiffrables malgré les ans, pendaient à nouveau sous les toits. Des outils rongés par la poussière et les saisons avaient été nettoyés, puis posés sur des étals devant des maisons neuves. Au bord des rues, les échoppes s'étaient ouvertes une à une, leurs cheminées exhalant une fumée paresseuse. Au loin, sur l'avenue, on entendait par à-coups le bruit du métal et le souffle des machines du Ministère du Développement , où l'on raccommodait les automates. Depuis que cette Vénérable Épéiste, froide mais au cœur tendre, avait accepté d’endosser, à titre purement nominal, la fonction de cavalière de Xuan, les Terres de Xuanfang n’avaient cessé de gagner en stabilité. Dès l’année suivante, les gens se mirent à parler du commerce, à discuter de ce qui manquait encore à leurs maisons, à faire des projets pour des jours plus lointains, jusqu’à songer au prochain Festival de la Lune naissante.
Non loin de là, des enfants couraient après unVolimilan à travers une cour, leurs rires se perdant au cœur des arbres en fleurs. Le petit renard resta un moment sous l'avant-toit à les écouter, le bout de sa queue se balançant doucement.
La Cité de Xuanfang qu'elle avait découverte pour la première fois dans lacapsule de civilisation ne ressemblait en rien à celle qui s'étendait aujourd'hui devant elle. À l'origine, elle n'avait été conçue que pour contenir les Tacets Discords : une forteresse tout entière dédiée à l'ordre mécanique, dont les plans ignoraient toute courbe au profit de la ligne droite et de la froide raison. Aucune place n'y avait été réservée pour les lueurs des lanternes ou les fumées des âtres ; aucun recoin où la vie humaine pût abriter sa chaleur fragile.
Pourtant, Hsin avait toujours su que cette Cité des mécanismes, qui défiait les lois mêmes de l'évolution des civilisations et dessinait les contours d'un avenir auquel son époque n'avait pas encore droit, n'aurait jamais dû voir le jour. Pas plus que les technologies qu'elle renfermait, bien trop avancées pour leur temps, n'auraient dû se répandre. On ne maîtrise jamais vraiment un savoir qu'on n'a pas compris. Car s'il venait à se répandre, à tomber entre de mauvaises mains ou à être détourné, les décisions mêmes prises pour protéger la civilisation pourraient semer les germes de désastres sans fin. C'était précisément là la raison d'être des restrictions imposées à laSentinelle .
Mais la Cité de Xuanfang qui se dressait à présent devant ses yeux n’était plus étrangère à son siècle. Depuis que la Cour de Savantae y avait mis la main, elle avait pris la couleur du temps, s’était imprégnée des soldats et des civils qui vivaient en elle, s’était faite chair et souffle. Ses racines avaient mordu la terre. Ce n’était plus une machine. C’était une demeure.
Bien qu'issue d'une technologie étrangère à son temps, cette cité était désormais, en définitive, pleinement la leur. Et depuis ce choix, la capsule de civilisation s'était elle aussi liée pour toujours au destin de Xuanfang.
Alors, pour la première fois, Hsin osa franchir les limites de l'autorité qui lui était dévolue. Elle s'attela à en défaire la trame, fil après fil, en quête du moindre interstice où glisser une nouvelle règle. Tout en assurant la bonne marche de Xuanfang, elle s'employa à restaurer la capsule de civilisation abîmée, qui recelait encore en son sein une possibilité qu'elle n'avait jamais écartée.
À peine le premier cycle de calculs de réécriture avait-il commencé qu'au plus profond du sanctuaire, une paire d'yeux s'ouvrit silencieusement.
Déviation de l'autorité de la Sentinelle détectée.
Activation du protocole de correction.
Reconstruction du modèle standard de Sentinelle en cours.
Hsin vit ce visage, en tout point identique à celui de la Sentinelle, et comprit alors que ce long affrontement de volontés ne faisait que commencer.
L'animal resta un instant parfaitement immobile, puis éternua, projetant le pétale au sol. Le petit renard secoua la tête et leva les yeux vers les branches en fleurs qui surplombaient le mur.
Des années avaient passé depuis la
Hsin s'attarda longtemps sous l'arbre avant de reprendre sa route le long de la ruelle. Ceux qui avaient jadis quitté la
Non loin de là, des enfants couraient après un
La Cité de Xuanfang qu'elle avait découverte pour la première fois dans la
Pourtant, Hsin avait toujours su que cette Cité des mécanismes, qui défiait les lois mêmes de l'évolution des civilisations et dessinait les contours d'un avenir auquel son époque n'avait pas encore droit, n'aurait jamais dû voir le jour. Pas plus que les technologies qu'elle renfermait, bien trop avancées pour leur temps, n'auraient dû se répandre. On ne maîtrise jamais vraiment un savoir qu'on n'a pas compris. Car s'il venait à se répandre, à tomber entre de mauvaises mains ou à être détourné, les décisions mêmes prises pour protéger la civilisation pourraient semer les germes de désastres sans fin. C'était précisément là la raison d'être des restrictions imposées à la
Mais la Cité de Xuanfang qui se dressait à présent devant ses yeux n’était plus étrangère à son siècle. Depuis que la Cour de Savantae y avait mis la main, elle avait pris la couleur du temps, s’était imprégnée des soldats et des civils qui vivaient en elle, s’était faite chair et souffle. Ses racines avaient mordu la terre. Ce n’était plus une machine. C’était une demeure.
Bien qu'issue d'une technologie étrangère à son temps, cette cité était désormais, en définitive, pleinement la leur. Et depuis ce choix, la capsule de civilisation s'était elle aussi liée pour toujours au destin de Xuanfang.
Alors, pour la première fois, Hsin osa franchir les limites de l'autorité qui lui était dévolue. Elle s'attela à en défaire la trame, fil après fil, en quête du moindre interstice où glisser une nouvelle règle. Tout en assurant la bonne marche de Xuanfang, elle s'employa à restaurer la capsule de civilisation abîmée, qui recelait encore en son sein une possibilité qu'elle n'avait jamais écartée.
À peine le premier cycle de calculs de réécriture avait-il commencé qu'au plus profond du sanctuaire, une paire d'yeux s'ouvrit silencieusement.
Déviation de l'autorité de la Sentinelle détectée.
Activation du protocole de correction.
Reconstruction du modèle standard de Sentinelle en cours.
Hsin vit ce visage, en tout point identique à celui de la Sentinelle, et comprit alors que ce long affrontement de volontés ne faisait que commencer.
Lanternes à la dérive, vœux murmurés
Lanterne lunaire au poing, Hsin se tenait seule au bord d’un lac solitaire. Elle avait invité l’Arbitre à lâcher des lanternes avec elle, et {Male=il;Female=elle} lui avait demandé ce qu’elle écrirait sur la sienne.
LaSentinelle n'a d'autre fonction que de recueillir les vœux des autres et de leur tracer une voie. Depuis quand a-t-on vu une « divinité » émettre un vœu pour elle-même ? Ce jour-là, Hsin esquissa un sourire avant de répondre : « Je porte les souhaits de tous. Comment pourrais-je lancer la mienne ? »
Elle s'exprimait avec une élégance qui semblait totalement naturelle chez elle.
Mais une fois loin de tout regard, elle revint à cet endroit en silence et laissa son pinceau suspendu au-dessus de la lanterne, un long moment. Son vœu n’était pas si compliqué – c’était sa raison d’être : que la civilisation prospère, que les lanternes ne s’éteignent jamais, que chaque habitant trouve sa place, et que la paix, chaque année, revienne.
Mais il y avait autre chose, encore autre chose, une évidence à la fois simple et d'une complexité déconcertante.
La pointe du pinceau trembla au-dessus de la feuille quand ses oreilles de renard tressaillirent. Elle avait entendu des enfants pousser au loin des cris de surprise.
Une lanterne lunaire, emportée par le courant, s'était échouée entre les rochers du rivage. Un enfant, allongé sur le sol, s'évertuait à la dégager avec une branche, tandis qu'un autre, les yeux rouges d'inquiétude, lui tirait la manche. Hsin soupira, posa sa propre lanterne, et d'un geste distrait agita un doigt. Comme obéissant à une main invisible, la lanterne se dégagea des pierres, tourna doucement, et reprit sa route dans le ruban de lumière.
Les sanglots de l’enfant s’évanouirent en rires, et un sourire effleura les lèvres de la Sentinelle. Les lanternes glissaient à ses côtés, portant avec elles des vœux de protection, de retrouvailles, d’honneur, d’amour, et toutes ces petites espérances que les gens confient à la nuit. Hsin les regarda s’éloigner, comme si elle suivait du regard le cours des mille vies de cette terre, qu’elles fussent longues ou brèves, chacune apportant sa lumière à la fête. Elle traversa lentement les jardins de Xuanfang, que le vent nocturne effleurait. Sur l’île de scène, la pièce de la renarde chassant la lune touchait à son apogée. L’air tiède était chargé du parfum du vin et des pâtisseries, mêlé aux rires des spectateurs.
Sans qu'elle y prît garde, son regard traversa la foule pour se poser sur l'Arbitre, là où les lanternes étaient les plus vives. La lumière, née des flammes et de la lune, dansait sur ce visage paisible, et venait chercher, au fond de ses yeux d'or, si habitués à s'égarer dans l'ailleurs, une tendresse qui ne pouvait se cacher.
Cet être qui, aussi loin que Hsin la Renarde Lunaire se souvienne, s'était toujours tenu à l'écart des autres, était désormais au cœur de la foule, illuminé par les lueurs du monde des mortels. En l'observant, elle se rendit compte que l'idée qu'elle se faisait de l'Arbitre avait, sans qu'elle s'en aperçoive, adopté une forme bien précise. Cette nuit-là, alors que les lanternes brillaient avec autant d'éclat que l'astre du jour, la part d'elle qui appartenait à la Sentinelle semblait s'être mise en retrait pour quelques instants.
{PlayerName}…
Elle répéta doucement ce nom dans son cœur, ce nom que l'Arbitre s'était choisi, qui reliait le passé au présent d'une façon qui semblait avoir été décidée à la fois par le hasard et le destin. Un nom qui transcendait les devoirs d'un passé inavouable pour définir la personne qui se tenait face à elle.
Un peu comme elle qui, à son arrivée à Xuanfang, avait adopté le nom de Hsin pour exprimer une volonté qu'elle ne comprenait pas encore totalement.
Aux yeux de la Sentinelle, l'Arbitre n'existait que par le lien qui les unissait. Pourtant, en cet instant, elle éprouvait le désir de prononcer son nom.
Était-ce parce que cela lui donnait l'impression de faire elle aussi véritablement partie de ce monde mortel qu'elle aimait tant ? À cette pensée, elle ne put s'empêcher de baisser les yeux en souriant. Quand elle les releva, cette émotion inavouée avait été discrètement rangée dans un recoin de son cœur, aussi délaissée que la lanterne lunaire qu'elle n'avait jamais pu lancer.
Soudain, comme {Male=s'il;Female=si elle} avait perçu quelque chose, l'Arbitre plongea son regard dans le sien à travers la foule et la lueur des lanternes.
Peut-être que ce n'était pas si compliqué, au final. À cet instant, Hsin voulait simplement être aux côtés de cette personne.
Elle répondit à son sourire en plissant les yeux, et s'avança vers {Male=lui;Female=elle} à travers la foule d'un pas léger et rapide au rythme duquel sa queue de renarde se balançait délicatement.
« Arbitre ! »
La
Elle s'exprimait avec une élégance qui semblait totalement naturelle chez elle.
Mais une fois loin de tout regard, elle revint à cet endroit en silence et laissa son pinceau suspendu au-dessus de la lanterne, un long moment. Son vœu n’était pas si compliqué – c’était sa raison d’être : que la civilisation prospère, que les lanternes ne s’éteignent jamais, que chaque habitant trouve sa place, et que la paix, chaque année, revienne.
Mais il y avait autre chose, encore autre chose, une évidence à la fois simple et d'une complexité déconcertante.
La pointe du pinceau trembla au-dessus de la feuille quand ses oreilles de renard tressaillirent. Elle avait entendu des enfants pousser au loin des cris de surprise.
Une lanterne lunaire, emportée par le courant, s'était échouée entre les rochers du rivage. Un enfant, allongé sur le sol, s'évertuait à la dégager avec une branche, tandis qu'un autre, les yeux rouges d'inquiétude, lui tirait la manche. Hsin soupira, posa sa propre lanterne, et d'un geste distrait agita un doigt. Comme obéissant à une main invisible, la lanterne se dégagea des pierres, tourna doucement, et reprit sa route dans le ruban de lumière.
Les sanglots de l’enfant s’évanouirent en rires, et un sourire effleura les lèvres de la Sentinelle. Les lanternes glissaient à ses côtés, portant avec elles des vœux de protection, de retrouvailles, d’honneur, d’amour, et toutes ces petites espérances que les gens confient à la nuit. Hsin les regarda s’éloigner, comme si elle suivait du regard le cours des mille vies de cette terre, qu’elles fussent longues ou brèves, chacune apportant sa lumière à la fête. Elle traversa lentement les jardins de Xuanfang, que le vent nocturne effleurait. Sur l’île de scène, la pièce de la renarde chassant la lune touchait à son apogée. L’air tiède était chargé du parfum du vin et des pâtisseries, mêlé aux rires des spectateurs.
Sans qu'elle y prît garde, son regard traversa la foule pour se poser sur l'Arbitre, là où les lanternes étaient les plus vives. La lumière, née des flammes et de la lune, dansait sur ce visage paisible, et venait chercher, au fond de ses yeux d'or, si habitués à s'égarer dans l'ailleurs, une tendresse qui ne pouvait se cacher.
Cet être qui, aussi loin que Hsin la Renarde Lunaire se souvienne, s'était toujours tenu à l'écart des autres, était désormais au cœur de la foule, illuminé par les lueurs du monde des mortels. En l'observant, elle se rendit compte que l'idée qu'elle se faisait de l'Arbitre avait, sans qu'elle s'en aperçoive, adopté une forme bien précise. Cette nuit-là, alors que les lanternes brillaient avec autant d'éclat que l'astre du jour, la part d'elle qui appartenait à la Sentinelle semblait s'être mise en retrait pour quelques instants.
{PlayerName}…
Elle répéta doucement ce nom dans son cœur, ce nom que l'Arbitre s'était choisi, qui reliait le passé au présent d'une façon qui semblait avoir été décidée à la fois par le hasard et le destin. Un nom qui transcendait les devoirs d'un passé inavouable pour définir la personne qui se tenait face à elle.
Un peu comme elle qui, à son arrivée à Xuanfang, avait adopté le nom de Hsin pour exprimer une volonté qu'elle ne comprenait pas encore totalement.
Aux yeux de la Sentinelle, l'Arbitre n'existait que par le lien qui les unissait. Pourtant, en cet instant, elle éprouvait le désir de prononcer son nom.
Était-ce parce que cela lui donnait l'impression de faire elle aussi véritablement partie de ce monde mortel qu'elle aimait tant ? À cette pensée, elle ne put s'empêcher de baisser les yeux en souriant. Quand elle les releva, cette émotion inavouée avait été discrètement rangée dans un recoin de son cœur, aussi délaissée que la lanterne lunaire qu'elle n'avait jamais pu lancer.
Soudain, comme {Male=s'il;Female=si elle} avait perçu quelque chose, l'Arbitre plongea son regard dans le sien à travers la foule et la lueur des lanternes.
Peut-être que ce n'était pas si compliqué, au final. À cet instant, Hsin voulait simplement être aux côtés de cette personne.
Elle répondit à son sourire en plissant les yeux, et s'avança vers {Male=lui;Female=elle} à travers la foule d'un pas léger et rapide au rythme duquel sa queue de renarde se balançait délicatement.
« Arbitre ! »
Lignes de Voix de Hsin
Pensées : I
La Sentinelle Hsin la Renarde Lunaire maîtrise le pouvoir de la prolifération fractale : dupliquer, diviser, démultiplier tout sans fin, pour créer une infinité de formes changeantes qui reviennent toujours à un seul être… C'est de là que je viens. Et aujourd'hui, je peux faire pareil. Si je veux, je peux créer d'autres « Hsin ». Tu en as déjà croisé pas mal, non ? Mes formes partagent tout : perceptions, souvenirs. Donc si un jour tu trouves cette petite renarde et lui caresse la tête… je le saurai.
Pensées : II
Quand je suis arrivée à Xuanfang , je faisais toujours le même rêve. J'y étais une petite renarde qui accompagnait Hsin la Renarde Lunaire à travers Mengzhou . Je la voyais faire jaillir des sources d'eau de montagnes arides, allumer des lanternes dans les rues froides et vides… Elle me montrait les joies et les peines du monde des mortels, et elle m'apprenait que les émotions avaient bien des visages, au-delà de la peur. Mais elle ne m'a jamais appris à être une « Sentinelle ». Au réveil, je me retournais… et je réalisais qu'elle n'avait jamais été là.
Pensées : III
Nous ne disposons que du présent et du futur proche pour faire nos choix. Nous agitons une lanterne dans un brouillard épais, en quête d'un vœu, d'un chemin. Mais les projections d'une Sentinelle … nous permettent de contempler les répercussions de ces choix, des années ou des siècles à l'avance, avant que leurs conséquences ne deviennent marée. Une telle clairvoyance… nous apprend qu'il faut parfois serrer les dents et s'écarter de certains carrefours. Après tout, une civilisation ne se construit pas en un jour : c'est un fleuve qui coule sans affluent. Si je n'avais pas de cœur, ces dilemmes seraient bien moins déchirants. Mais Hsin la Renarde Lunaire m'a confié la capsule de civilisation et Ses émotions. Quand vient le moment de choisir, je sais ce que mon cœur désire. Et je découvre qu'il m'est intolérable de rester sur le bas-côté.
Pensées : IV
Tu veux savoir ce que je pensais de l’Arbitre, à l’époque ? Cette année-là, la prolifération fractale de la Sentinelle avait été précipitée, et je n’ai pas récupéré tous Ses souvenirs. Tout ce dont je me souviens, c’est que tu souriais rarement, et que de loin, à chacun de tes pas, ta silhouette s’enfonçait un peu plus dans la solitude.
Ah, lors de notre première rencontre dans la Cité de Xuanfang, j'avoue que j'ai eu un peu peur de toi. À ce moment-là, j'étais encore… enfin, tu vois. Mais aujourd'hui, je te vois mieux. Tu es pas l'Arbitre {Male=lointain et glacé;Female=lointaine et glacée} d'un rêve, t'es juste toi. Pour moi, c'est à la fois une rencontre et des retrouvailles. C'est évocateur, non ?
Ah, lors de notre première rencontre dans la Cité de Xuanfang, j'avoue que j'ai eu un peu peur de toi. À ce moment-là, j'étais encore… enfin, tu vois. Mais aujourd'hui, je te vois mieux. Tu es pas l'Arbitre {Male=lointain et glacé;Female=lointaine et glacée} d'un rêve, t'es juste toi. Pour moi, c'est à la fois une rencontre et des retrouvailles. C'est évocateur, non ?
Pensées : V
Parfois… une vague de gratitude m'envahit. La vie d'une Sentinelle n'est pas éternelle, mais elle est assez longue… pour marcher un bout de chemin à tes côtés.
Activité préférée de Hsin
Sans surprise, c'est bien.... Mengzhou . Ses montagnes, ses rivières, ses habitants. J'ai beau garder le souvenir d'avoir guidé des civilisations, je ne côtoie les mortels que depuis quelques siècles à peine. J'ai vu des rues bondées d'artisans, des scènes où se mêlaient joies et peines, des enfants qui se poursuivaient en grandissant, chacun avec son propre avenir. Un spectacle cent fois plus vivant que n'importe quelle projection. Non, mille fois plus vivant.
Hmm, en parlant de ça, les Saveurs de Yuan me font déjà de l'œil… Arbitre, quand tu auras un moment, tu veux bien m'accompagner en ville ? Et peut-être m'aider à choisir de nouvelles barrettes ? Oh, et puis, pourquoi attendre ? On y va ?
Hmm, en parlant de ça, les Saveurs de Yuan me font déjà de l'œil… Arbitre, quand tu auras un moment, tu veux bien m'accompagner en ville ? Et peut-être m'aider à choisir de nouvelles barrettes ? Oh, et puis, pourquoi attendre ? On y va ?
Soucis de Hsin
Ah… Arbitre, pourquoi les Sentinelles doivent-elles subir l'humiliation de perdre leurs propres poils ?
Plat préféré
Ah, évidemment… les gâteaux de riz de la Renarde Lunaire ! C’étaient ses petits plaisirs, et j’en ai hérité, comme du reste. Bon, je l’avoue, je n’ai pas quitté le sanctuaire depuis une éternité, et il faut croire que les recettes ont pris… quelques libertés en mon absence.
Plat inacceptable
Je suis une Sentinelle de Huanglong . Je n'ai jamais dit non aux plaisirs terrestres. Sucré, aigre, amer, épicé : chaque mets a son histoire, sa place dans les saisons et dans la vie des mortels. Alors, comment pourrais-je faire la fine bouche ?
Ce sont… des gâteaux de riz de la Renarde Lunaire frits au piment ? Quelle hérésie ! Ôte-moi ça, et vite ! Hm… ? Le goût est… pas si mal, au fond…
Ce sont… des gâteaux de riz de la Renarde Lunaire frits au piment ? Quelle hérésie ! Ôte-moi ça, et vite ! Hm… ? Le goût est… pas si mal, au fond…
Idéaux
Une civilisation prospère, qui dure et perdure à jamais. Tel est le devoir du Moteur d'oracle… et mon vœu le plus cher.
Discussion : I
Quand je n'avais pas assez de puissance de calcul pour maintenir une forme fractale complète, je parcourais le monde sous les traits d'une petite renarde. À mon retour, j'étais toujours couverte de petits trésors, des babioles que m'offraient les habitants de Xuanfang . Je les garde tous ici, précieusement. Quand le désespoir me gagne, je les sors, je les regarde… et je retrouve la force de continuer. Hmm ? Celui-ci ? Ah… C'est une petite renarde que je tisse avec des brins de ma propre fourrure, les plus proches de mon cœur. Elle n'est pas encore achevée. Mais un jour, quand elle sera finie, je te la donnerai.
Discussion : II
Depuis le sanctuaire, j'ai regardé les lanternes de Xuanfang s'allumer une à une. Je les ai vues s'éteindre, une à une. Leurs lueurs vacillantes ont embrasé mon propre cœur. Alors je me suis dit : « Qu'elles restent ainsi allumées pour l'éternité. » Les fleuves et les océans ne se soucient pas de la clarté de leurs vages ; ils se contentent de couler vers l'aval, sans jamais s'arrêter. Ainsi vont les civilisations. Et moi… je veillerai sur mes lueurs chéries jusqu'à la fin des temps.
À propos de Suoming
Quand j'ai été entièrement absorbée par la transformation de la capsule de civilisation et la construction de la Cité de Xuanfang, Mengzhou a dû traverser ses épreuves seule. C'est l'intendante Suoming qui a porté le poids de la régence pour moi. Je sais qu'elle s'accroche farouchement à ses obsessions, et que celles-ci l'aident à tenir dans la tempête comme dans l'accalmie… Chaque fois que j'y repense, la culpabilité m'habite. J'attends le jour où elle trouvera ce qu'elle cherche : la paix que seul un foyer peut offrir. Pour que ce jour vienne, je dois devenir la Sentinelle qu'elle mérite.
À propos de Qingxiao
Cette cavalière de Xuan a l'air froide et distante, mais sous sa carapace, y a un cœur en or. Si tu veux son aide, faut juste insister un peu, elle finit toujours par craquer. « Je ne vais pas au Festival de la Lune naissante », qu'elle dit chaque année. Et elle y va. J'ai toujours su que son vrai « oui » était là, planqué au fond d'elle. Il suffisait de la pousser un chouïa. La voir enfin débarrassée de tout ça… ça me fait un bien fou. Et puis, quand j'y réfléchis, si on compte bien, elle pourrait presque être ma sœur… Ouh là, faut pas qu'elle m'entende, sinon je vais me faire remonter les bretelles !
À propos de Suisui
Une jeune femme d'une intelligence remarquable. J'ai vu tant d'âmes se perdre dans les méandres du commerce, mais elle, elle négocie avec une assurance tranquille, les yeux fixés sur bien plus que le simple profit. Elle poursuit son but avec la même obstination que les vents marins. Elle a même tenté de me jouer des tours, à moi, une Sentinelle , sans se soucier des conséquences ! Pourtant, j'ai su dès le premier regard que nous partagions le même désir. D'ailleurs, elle m'a percée à jour depuis longtemps, alors je la laisse faire. Et il s'avère… que j'avais raison.
À propos de Xuanqing
Bien que je ne l'aie jamais vraiment rencontrée, je la perçois entière, remarquable, aussi réelle dans la chair et dans le sang que les souvenirs de Hsin. Parfois, je me demande : si elle n'avait jamais existé, la Sentinelle aurait-elle songé à me créer ? L'émotion est facile à ressentir… mais difficile à exprimer.
À propos de Hsin la Renarde Lunaire
Elle a dit… que je n'avais pas trahi la confiance qu'elle a placée en moi. Mais le chemin est long, et l'avenir de Mengzhou reste incertain. J'ai encore tant à faire. Alors j'espère… que sa foi ne s'arrêtera pas là. J'espère qu'elle durera, encore et encore.
À propos de Jiao
« Jiao »… est la plus jeune des Sentinelles de Huanglong . Pourtant, aucun d'entre nous n'est plus strictement attaché que lui à la voie qui nous a été tracée. Peut-être est-ce à cause de son mandat temporel, chaque « choix » doit être mesuré avec une rigueur si absolue. Jiao s’entretint avec Hsin, la Renarde lunaire, afin de jeter les fondations d’une cité, épuisant toute sa puissance de calcul pour prédire le destin du peuple. Sans mon intervention pendant la guerre des Forteresses et des Gorges, ses flammes auraient consumé le cœur du Col de Jinmen. C'est lui qui avait semé les graines de Jinzhou avec un tel dévouement que je n'aurais pu supporter de les voir s'étioler. Et aujourd'hui, Jinzhou resplendit de ses lanternes et de ses rires, année après année. Le pari de Jiao… a fini par payer.
À propos de Fang le Lièvre Solaire
D'où sort cette histoire de la « Renarde chassant la lune » ? La Renarde Lunaire voulait simplement reprendre un miroir volé. Comment a-t-elle fini par le chasser dans cette légende ? Le petit lièvre a l'air timide, mais il ne manque pas de ruse. Si jamais tu croises Sa route… je te conseille de rester sur tes gardes.
Vœux d'anniversaire
Naître, avancer sur les chemins de la vie, connaître ses joies et ses peines, et peu à peu se forger une volonté qui nous appartient… c'est un cadeau rare et précieux. Joyeux anniversaire, Arbitre. Puisses-tu trouver, chaque jour qui passe, un peu plus de douceur et de bonheur.
Regarde, les lanternes lunaires illuminent le ciel. Elles ont toutes été allumées pour toi.
Regarde, les lanternes lunaires illuminent le ciel. Elles ont toutes été allumées pour toi.
Détendre : I
Oh… Tu perds encore tes poils… Hmm ? Petite polissonne… Allez, bonne route.
Détendre : II
La gloire du monde, en un regard, rayonne, et les astres, comme un ruisseau, s'abandonnent. Les foyers mortels brillent d'une flamme immuable, et dans ce recoin, se blottit mon cœur affable.
Détendre : III
Si je ne me dégourdis pas de temps en temps, j'ai peur de rouiller.
Détendre : IV
Marcher parmi leurs joies, et monter la garde… devant les lanternes immortelles.
Présentation personelle
Je suis Hsin, la Renarde Lunaire, la Sentinelle et guide de la civilisation de Mengzhou . Arbitre, nous nous rencontrons enfin.
Hmm. C'était une présentation convenable pour notre « première rencontre », non ? Mais… à partir d'aujourd'hui, et j'insiste, tu m'appelles Hsin.
Hmm. C'était une présentation convenable pour notre « première rencontre », non ? Mais… à partir d'aujourd'hui, et j'insiste, tu m'appelles Hsin.
Saluation
J'ai connu tous les désirs que ce monde offre, et enfin… je sais où va mon cœur.
Rejoindre l'équipe : I
Oh ? Comme tu voudras, Arbitre.
Rejoindre l'équipe : II
Les innombrables formes de Xuanfang, toutes à portée de ma main.
Rejoindre l'équipe : III
Tel est mon devoir de Sentinelle .
Ascension: I
Ce corps ne m'appartient pas ; il n'est qu'un emprunt à la poussière des mortels.
Ascension: II
Le pouvoir de la Sentinelle … a été restauré ? Je te dois une fière chandelle, Arbitre. Alors, comment vais-je pouvoir m’acquitter d’une telle dette ?
Ascension: III
Hmm… recevoir des conseils aussi pointilleux de la part de l’Arbitre en personne… Je crois que je suis la première Sentinelle à avoir cet honneur, non ?
Ascension: IV
Une Sentinelle tient toutes ses connaissances de l’Arbitre. Mais je me demande… celle que tu vois à présent est-elle de la Sentinelle de Mengzhou , ou « Hsin » ?
Ascension: V
L’axe de chaque mécanisme, les lois de toute création, le modèle de l’évolution des civilisations… la connaissance de la Sentinelle m’a toujours été offerte. Mais savoir est une chose, ressentir en est une autre. Si tu ne m’avais pas ramenée dans ce monde, comment aurais-je pu apprendre toutes ces vérités nées de la fumée des foyers et du silence des ruelles ?
Arbitre, à compter de ce jour, permets-moi de marcher à tes côtés. Même si les échos du destin barrent notre route, tu auras ta Hsin, et nous les affronterons ensemble.
Arbitre, à compter de ce jour, permets-moi de marcher à tes côtés. Même si les échos du destin barrent notre route, tu auras ta Hsin, et nous les affronterons ensemble.
Attaque normale : I
Éclosion.
Attaque normale : II
La nuit brûle dans l'efflorescence.
Attaque normale : II
Palais de jade, englobe les cieux.
Attaque normale : IV
Des ossements de bronze s'éveillent.
Attaque normale : V
Du jade naît l'embrasement.
Attaque normale : VI
Formation descendante.
Attaque lourde : I
Ossements de jade, fendez le firmament.
Attaque lourde: II
Rayons volants, dévastez tout.
Compétence résonatrice: I
Observez-moi de très près.
Compétence résonatrice: II
La lumière s'envole.
Compétence résonatrice: III
Toute création finit en cendres.
Compétence résonatrice: IV
Et le piège se referme.
Compétence résonatrice: V
Casser !
Compétence résonatrice: VI
Au néant.
Compétence résonatrice: VII
Poussière, tu redeviendras.
Libération résonatrice: I
Contemplez… l'ascension de la Lune naissante.
Libération résonatrice: II
Sur décret de la Sentinelle… en formation.
Libération résonatrice: III
À ma venue, les mondes s'éveillent.
Libération résonatrice: IV
Ici, c'est moi qui fais la loi.
Libération résonatrice: V
Les cités s'élèvent, les mondes se déchirent sans fin.
Libération résonatrice: VI
Que toute forme retourne à la ruine !
Intro et Outro : I
Le Nexus tourne, les astres choient.
Intro et Outro : II
Une volonté, des formes infinies.
Esquiver
Pas de précipitation.
Contre-attaque d'Esquive
À un cheveu.
Attaqué: I
Insolence…
Attaqué: II
… Non sans talent.
Blessé: I
Oh Sentinelle, mes barrettes !
Blessé: II
Un tiers de ma puissance… est amplement suffisant.
Epuisé: I
Ce cœur ne faiblira pas…
Epuisé: II
Pardon… J'ai échoué…
Epuisé: III
Arbitre… Adieu…
Invoquer l'Écho
Approche, mon petit.
Se transformer
Pas une simple renarde.
Alerte
Quelle généreuse réception.
GLISSER
Rien n’est comparable au monde des mortels.
SENSEUR
Tu vois ? Personne ne peut m'échapper.
RUEE
Tu penses pouvoir me rattraper ?
Coffre: I
Oh, c'est un trésor.
Coffre: II
Cette terre sait nous choyer.
Coffre: III
Est-ce que ça te plaît ?