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Informations

Jingran

Jingran VA

Chinois: Qin Qiege
Japonais: Kawanishi Kengo
Coréen: Lee Kyung Tae
Anglais: Vincent Lai

Rapport d'Examen Forte de Jingran

Puissance de Résonance

Art chi de l'outre-monde

Rapport d'Évaluation de Résonance

[Rapport évaluatif de Forte RA1169-G] La marque taciturne du sujet se situe sur son œil droit et lui permet de percevoir des fréquences discrètes situées au-delà de la plage de détection standard. Lorsque la puissance de sa capacité de résonance dépasse un certain seuil, le sujet est en mesure de générer un champ isolé dans l'espace physique et de contraindre les fréquences dissimulées à se manifester. Une empreinte fréquentielle émanant d'une créature vestigiale de haut rang a également été repérée autour de l'œil gauche. Les analyses révèlent que ce lien permet au sujet et à la créature de partager leurs perceptions, de s'échanger des instructions et d'établir une connexion stable. Le sujet peut d'ailleurs renforcer temporairement son emprise sur elle en puisant dans sa propre énergie vitale. Aucun signe de rejet n'a été observé durant l'examen. Néanmoins, on ne saurait exclure l'apparition de complications ultérieures – troubles perceptifs ou épuisement accéléré de la vitalité, par exemple. Un suivi régulier et une observation prolongée sont donc conseillés. L'analyse des échantillons prélevés a révélé une distribution bimodale de la courbe de Rabelle, ce qui permet de classer le sujet comme Résonateur naturel.

Rapport de Diagnostic Overclock

Résumé du diagnostic : le sujet démontre un haut degré de maîtrise de son Forte. Toutefois, lorsqu'il est exposé à des environnements à haut risque, une élévation anormale de l'activité de la courbe de Rabelle est observée. Celle-ci se traduit par une nette tendance du sujet à s'exposer de sa propre initiative à des conditions extrêmes, ce qui indique un risque potentiel d'Overclocking. Les simulations indiquent néanmoins que les émotions négatives ne constituent pas, chez ce sujet, un facteur déclencheur d'Overclocking. Son attirance pour les situations où sa vie est en jeu découle plutôt de sa volonté d'obtenir, dans de telles circonstances, un retour de résonance prolongé et amplifié. Au vu de l'évolution générale de son profil fréquentiel, le sujet possède une maîtrise de soi et une stabilité cognitive exceptionnelles. Toutefois, son seuil de perception et d'évaluation des risques et de la mortalité diffère considérablement de celui des sujets ordinaires. Il est donc recommandé au sujet d'éviter toute exposition prolongée à des environnements soumis à une forte pression ou présentant des risques élevés. La surveillance de ses tendances à l'Overclocking demeure en vigueur.

Objets Précieux & Faveurs de Jingran

Vieux pendentif de jade
Vieux pendentif de jade
Ce pendentif de jade lui avait été offert pour sa naissance. La pierre en elle-même n’avait rien de bien précieux, et sa facture était tout à fait ordinaire. Sur un côté, deux caractères finement gravés formaient le nom de Jingran. Ses parents l’avaient délicatement attaché à ses langes, puis contemplaient tendrement l’enfant innocent, le regard débordant de joie. « Grâce au ciel, te voilà enfin. Merci d'être venu au monde. » Ils l’avaient nommé Ran – « brûler » –, espérant qu’il brûlerait comme un feu de prairie, sans jamais vraiment s’éteindre. Ils ne lui souhaitaient ni gloire ni fortune. Leur seul vœu était qu’il continue de brûler, telle une étincelle au cœur des herbes, indomptable et tenace. Que, même quand les nuits glaciales s’abattraient sur lui et que les vents impitoyables chercheraient à le briser, jamais il ne ploie devant le désespoir. Pourtant, une fissure nette barrait désormais le centre du jade blanc. Le visage impassible, Jingran longe la fêlure du bout des doigts. Pelotonné non loin de lui, l'esprit-lynx, lui, est loin d'être aussi serein : sa queue fouette l'air d'un mouvement nerveux, d'un côté à l'autre. Après un long silence, il finit par marmonner : « Ce n'est qu'une petite fissure… Comment, après toutes ces années, peux-tu encore en faire toute une histoire ? »
Registre
Registre
Un registre usé, dont les pages cornées sont couvertes de notes recensant les dépenses du mois : 3 : Déniché au marché un miroir de bronze au manche cassé. Le vendeur jurait qu'il avait appartenu à une Sentinelle. N'importe quoi. Le motif m'a plu, cela dit. Trente crédits coquilles. Bonne affaire ou mauvais achat : à voir. 5 : Toujours coincé dans le Domaine des Mirages pour le moment. J'ai demandé à un coursier d'apporter un peu d'argent à la vieille dame — dans les deux mille, normalement. Avec un sachet d'abricots secs pour la sœur cadette. 7 : Acheté trois jin de prunes. Un jin pour faire de l'alcool, un pour le lynx — ce petit parasite n'a même pas dit merci — et un pour moi. 9 : Parié sur du jade brut avec les habitués à l'entrée de la ruelle. Perdu soixante pour rien. 10 : Encore quarante de perdus. Bon sang. 12 : Reçu ma part des ventes des Contes du chercheur de mirages. Ils n'avaient pas dit que ça partait comme des petits pains ? Comment se fait-il que je n'aie touché que cinq cents ? 15 : Remplacé un volet de la boutique. Vingt crédits. C'est ce chat à la queue molle qui l'a fracassé. Un jour, il me le paiera ! 18 : J'ai gagné ! Vingt crédits coquilles de bénéfice sur un pari de jade brut ! Belle journée. Acheté un bol de riz gluant fermenté sucré pour fêter ça. Solde du mois : Pas envie de faire le calcul. Voir le chiffre ne ferait que me déprimer.
« Contes du chercheur de mirages (manuscrit) »
« Contes du chercheur de mirages (manuscrit) »
Le manuscrit original des Contes du chercheur de mirages. Les pages jaunies se sont recourbées au fil du temps, et l'encre commence à s'étaler. L'ouvrage raconte surtout les aventures de Jingran dans les royaumes de mirage : une cité déserte où des airs d'opéra résonnent au lever de la lune, un arbre immense enfoui sous terre qui se nourrit du temps qui passe, des comédiens sans visage errant avec tout un décor de scène sur le dos… Bien sûr, Jingran n'avait pas résisté à la tentation d'enjoliver certains passages. Vérité et invention s'y mêlent si étroitement que, parfois, l'auteur lui-même ne fait plus la différence. À l'origine, ce n'étaient que des histoires qu'il racontait pour distraire les enfants au fond de la ruelle. Puis, un récit en entraînant un autre, il avait fini par en écrire tout un volume. Son maître s'était moqué de l'idée de coucher ces histoires sur le papier. « Un voyage dans les royaumes de mirage vaut mieux qu'une page écrite. » Pourtant, une nuit, Jingran remarqua que la lampe du vieil homme brûlait encore, tard dans la nuit. Il jeta un coup d'œil à l'intérieur et découvrit son shifu plongé dans le manuscrit, tellement absorbé par sa lecture qu'il ne remarqua même pas la silhouette qui se tenait sur le seuil. Les pages sont encore là aujourd'hui. Celui qui les tenait autrefois entre ses mains, lui, ne l'est plus. Désormais, chaque fois que Jingran retombe sur le manuscrit, il se demande : si le vieil homme est vraiment quelque part là-dessous, à s'ennuyer… est-ce qu'il relirait ces histoires encore et encore ? Mais Jingran chasse cette idée presque aussitôt. À quoi bon ? Ça ne sert plus à rien de s'attarder là-dessus.

Histoire de Jingran

Chapitre I : À suivre…
Jingran est dans une impasse.

Son pinceau reste suspendu au-dessus de la page. Une goutte d'encre perle au bout de la pointe, puis s'abat sur le papier d'un léger ploc. Pourtant, elle s'obstine à refuser de se faire mot.

Sur le bureau, une pile de manuscrits s'éparpille en désordre. Il y a l'histoire de la cité abandonnée au cœur du royaume de mirage, celle de la nuée d'oiseaux de bronze qui migre au clair de lune, ou encore celle de l'antique cloche enfouie sous les sables du désert, qui résonne chaque fois qu'un orage éclate au-dessus d'elle… Les premiers chapitres lui sont venus sans mal. Mais arrivé à cette page, il sent ses pensées buter contre un mur invisible, refuser obstinément d'avancer d'un pas. Jingran a beau fixer la feuille blanche, il ne parvient pas à en tirer un seul mot. Finalement, il pousse un soupir résigné.

« Bon, très bien. »

Il repose brusquement le pinceau sur son support, puis se laisse tomber à la renverse sur le sol, les bras et les jambes écartés en croix.

La brise nocturne s'engouffre par les fenêtres entrouvertes. Un rai de lune argenté s'allonge sur le sol. Dehors, le chant des insectes monte et redescend en vagues irrégulières. La tête posée sur son poignet, Jingran fixe les poutres du plafond. Chaque fois que les mots se refusent à lui, ses pensées dérivent vers ces histoires qu'il a toujours voulu écrire, sans jamais y parvenir.

Par exemple, ses premières années chez son shifu.

À l'époque, son maître n'arrêtait pas de l'attraper par le col pour le traîner derrière lui en l'engueulant pour son caractère de chien. Les autres gamins grimpaient aux arbres pour chercher des nids ; Jingran, lui, grimpait sur les piliers du temple ancestral. Les autres rentraient dare-dare dès la nuit tombée ; Jingran, lui, préférait prendre une lanterne et aller explorer des vieilles baraques. Il arrivait que Yanshu, la femme de son shifu, se retourne à peine après avoir étendu un linge et se rende compte qu'il s'était encore fait la malle. La plupart du temps, elle devait traverser la moitié du village de Xianling pour finir par le retrouver près d'un puits abandonné ou d'un temple en ruine, et le ramener de force.



Un été, une étrange rumeur circula dans le village au sujet de l'ancien temple du dieu de la Terre, perché sur le flanc de la colline. Abandonné depuis des années, il était, disait-on, hanté. Un groupe d'enfants se rassembla sous un arbre et se mit à raconter l'histoire, en rajoutant dans les détails. Ils parlaient d'une femme vêtue de rouge qui, après minuit, surgissait des murs et chantait des mélodies lugubres jusqu'à l'aube. À mesure que la rumeur passait de bouche en bouche, elle devenait de plus en plus effrayante. À la fin du récit, tous les enfants avaient rentré la tête dans les épaules, mal à l'aise.
Tous, sauf Jingran.
Il écouta avec un intérêt grandissant. Le soir même, il se rendit seul au temple.

Le lendemain matin, Yanshu parcourut le village à sa recherche, un balai à la main. Elle finit par le trouver assis sur le toit du temple, croquant tranquillement dans une prune, les yeux plissés de satisfaction — il avait toujours été terriblement gourmand.
« Et le fantôme ? » lui cria Yanshu d'en bas.
« J'en ai pas vu. »
« Alors, qu'est-ce que tu as fait là-haut toute la nuit ? »
Jingran réfléchit un instant.
« Je comptais les chauves-souris. »
Yanshu manqua de briser en deux le manche de son balai.

Un rire lui échappe à ce souvenir.
À bien y penser, il a toujours été ainsi.
Enfant, il aimait fouiner dans les maisons abandonnées. Adulte, il aimait s'aventurer dans les royaumes de mirage. Plus les autres s'empressaient d'éviter un endroit, plus il était déterminé à aller le découvrir de ses propres yeux. Son shifu lui reprochait sans cesse d'être incapable de tenir en place. Yanshu aussi s'en irritait. Pourtant, après la mort de son shifu, elle cessa de chercher à le retenir. Malgré tout, quelle que soit la distance qu'il parcourait, une lampe brillait toujours dans la cour pour l'accueillir à son retour.

Au fil des années, il avait découvert d'anciennes cités parées d'innombrables cloches de bronze. Il avait arpenté des ruines cachées au plus profond des montagnes. Il avait rencontré des gens et recueilli des histoires depuis longtemps oubliés du monde. Chaque fois qu'il revenait d'un royaume de mirage, une nuée d'enfants se pressait autour de lui, exigeant de savoir quelles choses étranges il avait découvertes cette fois-ci. Au début, Jingran consentait, non sans réticence, à leur raconter quelques histoires. Mais bientôt, elles devinrent bien trop nombreuses pour qu'il puisse toutes les leur conter. Alors, il se mit à les coucher sur le papier.

C'est ainsi que, peu à peu, naquirent les « Contes du chercheur de mirages ».

Au départ, il n'écrivait que pour s'épargner la peine de répéter sans cesse les mêmes récits. Puis, sans même s'en rendre compte, il finit par prendre la chose au sérieux. Ces vieilles histoires enfouies sous les herbes folles et la poussière de l'oubli. Ces joies et ces peines que personne n'avait jamais entendues. Ces visions étranges et merveilleuses qui n'existaient qu'au plus profond des royaumes de mirage… Il fallait bien que quelqu'un les tire de l'oubli. Que quelqu'un en préserve une trace.

Alors, il se mit à écrire. Pour les regards curieux des enfants. Pour tous ceux qui, à la maison de thé, tendaient le cou dans l'attente du prochain chapitre. Et pour cette lampe qui, chez lui, restait toujours allumée jusque tard dans la nuit — pour Yanshu, afin qu'elle sache où était parti ce garnement qui, autrefois, ne cessait de se perdre, et quelles choses étranges et merveilleuses il avait découvertes en chemin.

À cette pensée, Jingran se tourne sur le côté et pose de nouveau les yeux sur les manuscrits éparpillés sur le bureau.

Les pages luisent faiblement au clair de lune.
Le chapitre cent quarante-neuf reste vierge.
Mais après tout, ce n'est pas la première fois qu'il rend son manuscrit en retard.

Soudain, un cri tonitruant retentit de l'autre côté du mur de la cour.
« Jing… ! »
Jingran se redresse d'un bond.
« Pourquoi ta lampe est-elle encore allumée ?! Tu comptes dormir cette nuit, oui ou non ?! »

Sans réfléchir, il se remet sur pied, traverse la pièce en trois enjambées et pince la mèche entre ses doigts pour étouffer la flamme.

L'obscurité envahit aussitôt la chambre, où seul le clair de lune continue de se répandre silencieusement sur le sol. Jingran lève les yeux vers la lune par-delà la fenêtre, tandis qu'un léger sourire se dessine au coin de ses lèvres.

Si les mots refusent de venir ce soir, tant pis. Demain sera un autre jour.
Chapitre II : À la dérive dans le vent et la neige
En vrai, Jingran n'a pas toujours été comme il est aujourd'hui.

À cette époque, il ne parlait presque jamais. Quand son maître l'appelait pour le repas, il répondait, mais il attendait toujours que les autres aient pris leurs baguettes avant de toucher aux siennes. Lorsque Yanshu déposait de la nourriture dans son bol, il baissait la tête pour l'accepter, puis passait la moitié du repas sans parvenir à prononcer le moindre mot de remerciement. La nuit, il dormait recroquevillé contre le mur, comme s'il craignait qu'à son réveil, cet endroit ait disparu à son tour, à l'image de tous les refuges de fortune qui l'avaient précédé.

Pourtant, il savait que cette famille tenait vraiment à lui. Mais cette chaleur, dont il avait été privé si longtemps, il avait du mal à l'apprivoiser.

Cette année-là, Mengzhou connut des chutes de neige particulièrement abondantes.

Quand Jingran poussa la porte de la maison, il aperçut le vieil arbre de la cour pliant sous un épais manteau blanc. Nian était accroupie sous l'avancée du toit, le nez rougi par le froid, occupée à faire des boules de neige. À l'intérieur, Yanshu préparait un gruau de riz. L'arôme du riz montait avec la vapeur et s'infiltrait par les fentes de la fenêtre.

Jingran est resté longtemps sur le seuil à contempler la scène. Pourtant, elle n'avait rien d'exceptionnel. Mais elle lui a rappelé une journée semblable, bien des années plus tôt. Son père lui avait rajusté sa robe, sa mère lui avait pris la main, et tous trois s'étaient mis en route vers le sommet, à travers la neige fraîche. Devant le temple du dieu de la Montagne, des tentures rouges délavées flottaient au vent, tandis que la fumée de l'encens montait en volutes depuis le brûle-parfum. Sur l'autel, les fruits offerts avaient gelé. Il avait tendu la main pour les toucher, mais sa mère lui avait tapoté les doigts, un sourire tendre aux lèvres.

Soudain, le manque de ses parents le submergea.

Profitant d'un moment d'inattention, il saisit une lanterne et disparut seul dans la nuit.

Mais après toutes ces années, ce qui l'attendait dans le temple ne ressemblait plus au dieu bienveillant de la Montagne que les habitants vénéraient.

Tandis que la tempête de neige condamnait les sentiers, les portes du temple claquèrent derrière lui. Une fissure s'ouvrit dans l'idole de pierre dressée derrière l'autel, d'où s'échappait une odeur d'encens. Juché sur l'autel, un lynx recouvert de peinture dorée l'attendait. Il avait l'apparence d'un dieu, mais pas un mot vrai ne quittait ses lèvres.

La flamme de la bougie vacillait tandis que le vent rugissait dehors.
Quand Jingran est enfin parvenu à sceller la créature dans sa lanterne de vie, le sang avait déjà imprégné ses vêtements. S'appuyant sur la lanterne, il s'est relevé et a poussé les portes du temple. Dehors, le blizzard faisait toujours rage. Les marches de pierre qu'il avait gravies pour atteindre le sanctuaire avaient disparu sans laisser de trace. À leur place, un sentier de montagne serpentait, entièrement recouvert par une végétation sauvage.
« Une illusion de pacotille. » ricana Jingran. Il leva un peu plus sa lanterne et s'enfonça dans la neige, d'un pas mal assuré.
Lorsqu'il arriva enfin à la maison, la nuit était déjà tombée. Il comptait rentrer en escaladant le mur pour ne pas se faire remarquer. Malheureusement, à peine eut-il posé le pied au sol qu'une fenêtre voisine s'ouvrit en grinçant. Nian passa la tête dehors, un oreiller serré contre elle.

« Grand frère, tu saignes. » Elle cligna des yeux.
Le cœur de Jingran se serra.
« Chut. »
« Maman est au courant ? »
« Non. Retourne te coucher. »
Nian hocha pensivement la tête, puis disparut derrière la fenêtre. Un instant plus tard, sa voix retentit dans toute la cour.
« Maman ! Grand frère s'est encore blessé ! »
Jingran fit aussitôt volte-face et prit ses jambes à son cou.
Il n'alla pas bien loin. Yanshu avait déjà rejoint le perron.

Des années plus tard, chaque fois qu'il repensait à cette nuit-là, Jingran en arrivait toujours à la même conclusion : il aurait préféré retourner affronter le lynx une seconde fois.
La pièce baignait dans une lumière presque aveuglante. Une âcre odeur de remèdes et de plantes réduites en poudre flottait dans l'air. Assise non loin sur un petit tabouret, Nian décortiquait joyeusement des graines de melon tout en savourant le spectacle.
Avec une minutie proprement insoutenable, Yanshu appliquait le remède sur ses blessures tout en lui martelant sa leçon.



Jingran gardait la tête basse et faisait le mort. La poudre médicinale le brûlait si fort qu'une veine battait à sa tempe. Malgré tout, il n'osait émettre le moindre son.
« Voilà. »
Yanshu acheva de nouer le dernier bandage, puis lui donna une petite pichenette sur le front.
« Essaie donc encore de filer comme ça. »
Jingran porta une main à son front. Pour une fois, il ne répliqua pas.
Nian, de son côté, ouvrit une autre graine de melon et battit innocemment des paupières. « Ça va, ça va. J'ai déjà entendu grand frère reconnaître qu'il avait eu tort. »
« Je n'ai rien reconnu du tout. »
« Si. »
« Non. »
« Si. »

Sa voix claire et vive tintait comme un carillon sous l'avant-toit. Ils poursuivirent leur dispute, se renvoyant les mêmes mots jusqu'à ce qu'elle en devînt presque insupportable. Pourtant, en cours de route, un sourire avait fini par se dessiner au coin des lèvres de Jingran. La douce lumière de la lampe emplissait la pièce. Sous son éclat, Yanshu rassemblait les bandages et les fioles de remèdes. Nian continuait de lui tenir tête, sans la moindre intention de céder. Aucune des deux ne remarqua que l'esprit de Jingran s'était déjà envolé ailleurs.

Jingran baissa les yeux. Un bol de remède reposait devant lui, dégageant une odeur amère qui lui piquait le nez. Le front plissé, il le porta à ses lèvres et le vida presque d'un trait. Tout son visage se crispa de dégoût. Yanshu lui jeta un coup d'œil par-dessus l'épaule, puis, sans un mot, poussa vers lui l'assiette de fruits confits.

La lueur du feu vacillait doucement. Sur le sol, les ombres des trois silhouettes s'étiraient, longues ou courtes, et se mêlaient les unes aux autres.

Dehors, le vent rabattait la neige contre l'avant-toit. Les stalactites suspendues au rebord du toit s'effleuraient doucement, produisant un tintement léger et délicat, semblable à celui d'une cloche lointaine.

Jingran mordit dans un fruit confit. La douceur se répandit dans sa bouche.
Chapitre III : Le rêve sans retour
À quinze ans, Jingran est officiellement devenu mage de l'outre-monde.

Depuis, il a traversé d’innombrables royaumes de mirage. Certains flottaient au-dessus de lacs à perte de vue, où des rangées de pavillons reposaient sur d’épais bancs de brume. Le jour, ils demeuraient silencieux et vides. Mais à la nuit tombée, les lanternes s’allumaient comme autant de fleurs écloses. Il suffisait de pousser une porte pour se retrouver au cœur d’un banquet qui battait son plein, toutes places occupées, coupes levées, dans un brouhaha de rires. Puis venait l’aube. La brume se dissipait, ne laissant que des tables et des chaises couvertes de poussière. Quant aux convives de la veille, ils n’étaient plus, depuis longtemps déjà, que des ossements endormis sous les eaux.

D'autres royaumes de mirage étaient dissimulés sous des chaînes de montagnes : des cités de pierre suspendues à l'envers sous les voûtes de cavernes souterraines. Aucune âme vivante n'y vivait, et pourtant, des lanternes bordaient chaque rue. À minuit, elles s'embrasaient d'elles-mêmes ; leurs flammes émeraude s'éveillaient l'une après l'autre le long des avenues, jusqu'à atteindre l'autel dressé au cœur de la cité. Jingran y passa trois jours. Il finit par trouver la sortie en ne se fiant qu'à ses propres yeux.

Un jour, il a demandé à son maître : « Que cherchent exactement les mages de l'outre-monde ? »
Le vieil homme, accroupi près du feu, était occupé à griller un mantou. Sans lever les yeux, il a répondu : « Les morts. »
Jingran leva les yeux au ciel. Et c'est reparti. Le vieil homme eut l'air de lire dans ses pensées. Il renifla, puis enchaîna : « Alors, dis-moi. Qu'est-ce qu'on trouve le plus souvent dans un royaume de mirage ? »
« …Les morts ? »
« Ce qu'ils ont laissé derrière eux », corrigea le vieil homme.
Un village peut être prospère aujourd'hui ; dans cent, deux cents ans peut-être, il n'en restera qu'une ruine. Les seules traces de son existence seront une stèle brisée ou quelques mots dont nul ne connaîtra jamais l'origine.
Il faut bien que quelqu'un fouille les ruines et étudie les vestiges, pour tenter de les comprendre, pour savoir comment ceux d'avant ont quitté ce monde…
« … et comment ceux qui viendront après nous sont censés vivre ? »
Le vieil homme lui lança le mantou tout juste grillé.
« Souviens-t'en. »

Au fil des années qui suivirent, Jingran exhuma d'innombrables histoires ensevelies sous la poussière et le poids du temps.

Les dernières paroles d'un général de royaume déchu, gravées à même le roc. Un rouleau en lambeaux, témoin de l'ultime nuit d'une nation anéantie. Une stèle usée par les siècles, qui avait accompagné son maître sur des milliers de lieues, jusqu'à ce retour au pays.

Peu à peu, il commença à comprendre ce que son maître avait voulu lui dire.

La mort éteint une vie aussi sûrement que la flamme d'une lampe. Pourtant, certaines choses ne disparaissent pas avec elle. Elles survivent dans les stèles brisées et les textes épars. Elles se cachent au cœur des cités en ruine, au bord des routes oubliées. Portées par le vent et les échos du passé, elles racontent inlassablement leur histoire à ceux qui viennent après. Sa tâche est donc devenue d'exhumer ces passés enfouis et de les ramener là où la lumière du jour pouvait encore les atteindre.

Pendant toutes ces années, Jingran a passé plus de temps avec son shifu qu'avec n'importe qui. Ils étaient à la fois père et fils, maître et disciple, rivaux et compagnons.
Un jour, ils en sont même venus aux mains pour un ancien disque de jade qui valait une fortune. Son maître l'immobilisa contre une stèle brisée, le clouant au sol sous le plat de sa lame. Pourtant, Jingran finit tout de même par l'emporter, rien qu'à la force de sa langue. Le vieil homme le traita de sale garnement, revenu régler ses comptes dans cette vie.

Son maître ne vénérait aucun patriarche fondateur, ne brûlait d'encens pour aucun dieu et ne se réclamait d'aucune école établie. Il s'était tracé sa propre voie, lui-même. Les autres le qualifiaient d'hérétique. Pourtant, ce furent précisément ses méthodes peu orthodoxes qui lui permirent, à maintes reprises, de sortir des impasses.

« À en croire mon vieux maître, je devrais être mort depuis longtemps, disait-il avec un sourire. Seulement, moi, je refuse de mourir. Alors, qui avait raison ? »

Malgré son apparente insouciance, il avait toujours su quels chemins prendre et quels dangers éviter. Parfois, assis seul sous la lune, son regard s'égarait au loin, comme s'il comptait ceux qui ne reviendraient jamais.



Pour leur dernière mission, le vieil homme avait lui-même choisi la destination. D'après les rumeurs, il s'agissait d'une caverne où une veine tellurique s'était rompue, provoquant un afflux d'énergie néfaste. Jingran le suivit jusqu'au plus profond. Mais, juste avant le dernier passage étroit, la terre se mit à trembler et la caverne s'effondra. Alors que les débris pleuvaient autour d'eux, son shifu le projeta d'une poussée de la paume à travers une crevasse, le mettant hors de danger, avant de sombrer dans le gouffre qui s'ouvrait sous lui.

Un an plus tard, lors d'une nuit de pluie, le vieil homme lui est apparu en rêve. Il l'a détaillé de la tête aux pieds, puis a ricanné : « Tu ne t'en tires pas trop mal, dis donc. Toujours vivant. Et en un seul morceau, en plus. »
Avant que Jingran ait le temps de répliquer, le vieil homme lui avait déjà tourné le dos, tout en levant une main en guise d'adieu. Sans ajouter un mot, il s'enfonça d'un pas nonchalant dans l'épaisse brume.

Jingran se réveilla en sursaut.
Dehors, la pluie tambourinait doucement contre les vitres. Elle courait le long de l'avant-toit avant de retomber en fins filets. La pièce baignait dans un silence profond. Sur le bureau, la lampe s'était éteinte depuis longtemps ; il n'en restait qu'un mince filet de fumée.

Le rêve s'était entièrement dissipé. La pluie, quant à elle, continua de tomber, goutte à goutte, tout au long de cette nuit.
Chapitre IV : Au fil des rivières, sous la lune
L'après-midi, le marché ne désemplit pas. Des étals de toutes sortes bordent les rues. Un vieux confiseur remue lentement une marmite de sirop, faisant couler avec sa louche de fins filaments dorés qui dessinent des arcs étincelants. Non loin de là, des nuages de vapeur s'échappent d'une boutique de brioches et répandent au loin les riches arômes de viande et de piment. Sur une place publique, une scène mécanique a attiré la foule. Une troupe d'automates enchaîne sauts périlleux et danses au rythme des tambours, déclenchant des salves d'applaudissements parmi les spectateurs.

Jingran s'arrête dans une échoppe de tissus pour choisir à Yanshu une pièce d'étoffe couleur de lune. Puis il achète à Nian un lapin de jade mécanique capable de bondir tout seul. Au moment de payer, le marchand, souriant, le complimente pour son bon goût. Jingran, lui, n'est pas aussi sûr de son choix. Trouver des cadeaux pour la maîtresse de maison et sa petite sœur s'est avéré bien plus compliqué que de s'aventurer dans un royaume de mirage. Peu de temps avant, il avait rapporté à Nian un tambourin à boules. Sur chaque face était peint un enfant porte-bonheur aux joues rebondies. Quand on le faisait tourner, les deux figurines hochaient la tête tandis qu'une minuscule banderole se déroulait, portant l'inscription : « Bonheur et prospérité ». Jingran avait trouvé le mécanisme absolument génial. Nian, elle, avait croisé les bras pendant qu'il lui en faisait la démonstration, avant de pousser un soupir d'une gravité quasi adulte : « Grand frère, je suis vraiment trop grande pour ça. »
Le tambourin à boules a fini par revenir entre les mains de Jingran. Ce soir-là, il en joua jusqu'à tard dans la nuit, se demandant ce qui pouvait bien clocher avec ce cadeau.

Avec ce souvenir en tête, il achète le lapin de jade sans plus hésiter. « Celui-ci, Nian ne pourra pas ne pas l'aimer. » Avant de partir, il fait un dernier détour par une pâtisserie pour prendre une petite lune enneigée. De fines couches de gâteau d’un blanc immaculé, soigneusement superposées, évoquent une pleine lune sculptée dans la neige fraîche. La pâtissière lui demande en souriant si c'est pour sa famille. Jingran ne répond pas. Il se contente de prendre le paquet, puis se dirige tranquillement vers le fleuve.

Aujourd'hui, Qiuyuan quitte Mengzhou.
Sur le quai, un vent puissant balaie le fleuve et fait danser des éclats d'or à sa surface. Le navire de transport a presque fini de larguer les amarres.
Jingran le repère de loin : une silhouette solitaire vêtue de noir se tient près du bateau, les pans de sa robe claquant sèchement au vent. Comme toujours, il dégage cette aura si particulière de quelqu'un qu'il vaut mieux ne pas déranger. Jingran repense alors à des histoires entendues des années plus tôt.
Chaque fois que son maître buvait un verre de trop, il évoquait un certain jeune épéiste, un prodige comme on n'en voit qu'une fois par génération, à l'en croire. Ces éloges avaient attisé la curiosité de Jingran pendant des années. Aujourd'hui, il a enfin rencontré l'homme en personne. Mais il n'a toujours pas eu l'occasion de croiser le fer avec lui.
Qiuyuan l'aperçoit à son tour et incline légèrement la tête pour le saluer.
Jingran lui adresse un signe de la main et s'avance tranquillement jusqu'à lui. Arrivé près du bastingage, il jette d'abord un regard au fleuve, puis demande d'un ton nonchalant : « Tu as tout emballé ? »
Qiuyuan comprend qu'il parle du mécanisme à caractères mobiles récupéré à Muyu. Il acquiesce, mais avant même qu'il puisse répondre, Jingran lève une main.
« Épargne-moi les détails.
Les vieilles histoires et les querelles de Mingting ne m'intéressent pas. Ce que j'ai besoin de savoir, je le sais déjà. Quant au reste, je ne tiens pas à le savoir. Alors, épargne-moi les explications. »
Une nouvelle bourrasque balaie la surface de l'eau, morcelant les reflets en une multitude d'ondulations.
« Cela dit, reprend Jingran en se tournant vers lui, un sourcil levé, je t'ai quand même aidé à obtenir ce que tu étais venu chercher. Tu m'en dois une. »
Qiuyuan incline légèrement la tête. Ses yeux gris sombre demeurent aussi impénétrables que jamais.
« Que veux-tu ? »
« Je n'ai pas encore décidé. »
Jingran affiche un large sourire.
« Quand j'aurai trouvé, je viendrai réclamer mon dû. »
Un silence s'attarde un instant entre eux.
Enfin, Qiuyuan acquiesce.
« Très bien. »
Satisfait, Jingran lui fourre dans les bras le paquet enveloppé de papier qu'il transportait jusque-là.
« Tiens. Un cadeau d'adieu. »

Le vent du fleuve s'accroche à leurs manches. Au loin, le batelier appelle les passagers à bord, tandis que le quai s'anime de plus belle. Qiuyuan range son paquet et se dirige vers le navire. Après quelques pas, il s'arrête.
« Jingran. »
« Hum ? »

« Brûle un bâton d'encens pour ton shifu de ma part. »
Jingran se fige un bref instant. Puis, après un moment, il sourit.
« D'accord. »

Le bac s'éloigne lentement. L'eau clapote contre la coque, dessinant des cercles qui s'élargissent à la surface du fleuve. Le navire s'enfonce peu à peu dans la brume du soir, jusqu'à se fondre dans le crépuscule. Jingran reste là, immobile, à le regarder s'éloigner, jusqu'à ce que les silhouettes de l'homme et du bateau disparaissent à l'horizon doré.
Le vent caresse les roseaux qui bordent la rive.
Soudain, Jingran se souvient d'un autre soir, bien des années plus tôt. Son shifu était assis devant le portail de la cour, occupé à éplucher des cacahuètes tout en lui racontant l'histoire de ce jeune épéiste. Chaque fois que son récit devenait palpitant, le vieil homme éclatait de rire et lui tapait sur l'épaule.
« Toi non plus, tu t'en sors pas si mal, garnement. Dans quelques années, je t'emmènerai à Chongzhou pour que tu croises le fer avec lui en personne. »
À l'époque, Jingran n'avait qu'une vague idée de ce à quoi pouvait ressembler Chongzhou. Il s'était simplement fié aux paroles de son shifu et avait tourné les yeux vers l'horizon, par-delà Mengzhou. Au loin, le crépuscule se déversait sur les crêtes des montagnes. Des oiseaux traversaient le ciel au-dessus de lui, battant des ailes vers des contrées plus lointaines encore.

Jingran baisse la tête et laisse échapper un petit rire. Puis il se détourne et reprend le chemin de la maison.
Le soleil a déjà disparu derrière les montagnes. Seul un mince ruban d'or en fusion borde encore l'horizon.
Tout au long de la rue, les lanternes s'allument l'une après l'autre. Leur chaude lumière s'étire à perte de vue sur la chaussée pavée de calcaire.
Guidé par leurs lueurs, Jingran retrouve le chemin de la maison.
Récits non consignés
Le midi, la maison de thé ne désemplit jamais.
Une bonne douzaine de tables occupent la salle principale. Bouilloires de laiton en main, les serveurs se faufilent entre les clients, tandis que le parfum du thé se mêle aux effluves de vin et au brouhaha des conversations. À l'étage, près d'une fenêtre, un jeune homme est assis, le menton dans une main, et de l'autre, il se lance nonchalamment des cacahuètes dans la bouche. Au rez-de-chaussée, le conteur en est au passage le plus palpitant de son récit. Sa voix domine le tumulte de la salle et monte distinctement jusqu'à l'étage.

« C'est alors que l'antique navire d'ébène surgit hors de la brume. Trois cents lanternes flambaient à sa proue, illuminant une mer oubliée que personne n'avait troublée depuis mille ans. Des silhouettes se pressaient sur le pont, mais tous les visages avaient une pâleur cadavérique, comme s'ils n'appartenaient plus au monde des vivants. Et lorsqu'enfin quelqu'un monta à bord pour voir de plus près… »

Le conteur abat brusquement son claquoir de bois. Le silence se fait dans la salle. Chacun retient son souffle, suspendu à ses lèvres dans l'attente de la suite.
Imperturbable, le conteur porte sa tasse à ses lèvres et boit une gorgée de thé.
« Quant à la suite… vous la découvrirez au prochain chapitre. »
Un silence de mort s'abat sur la maison de thé, puis les protestations éclatent de toutes parts.
Le conteur pousse un soupir d'impuissance.
« Mes amis, ce n'est pas que je refuse de poursuivre. C'est simplement là que s'arrêtent les Contes du chercheur de mirages… »
Cette explication ne fait que redoubler les protestations.
« Vous vous arrêtez toujours au meilleur moment ! »
« Ça ne fait pas déjà quinze jours qu'on attend ce chapitre ? »
« Quinze jours ? » ricane quelqu'un en frappant la table du plat de la main. « Le Chat-Lampe du Néant a bien disparu pendant trois mois entiers ! »
Jingran manque de s'étouffer avec sa cacahuète. Sans un mot, il tourne les yeux vers la fenêtre et fait mine de n'être absolument pas concerné. Hélas, au même instant, la chaise qui lui fait face recule dans un grincement.
« Alors, c'est ici que se cachait le coupable. »

Une personne vêtue d'une robe bleu-vert s'assied en face de lui, les bras chargés d'une épaisse pile de manuscrits.
C'est Shouci, l'éditeur chargé de relire et de publier les Contes du chercheur de mirages. Jingran relève la tête et lui décoche un large sourire.
« Tu tombes à pic. » Il lui fait signe de s'installer. « Je t'invite. »
« Quand tu te montres aussi généreux, c'est qu'il y a anguille sous roche. » Shouci laisse retomber la pile de manuscrits sur la table dans un bruit sourd. « Tu en es où du deuxième tome ? »
Le sourire de Jingran s'efface aussitôt. Comme si tous ses os venaient de se dissoudre, il s'affale sur la table et pose le menton sur ses bras croisés. « Pas d'inspiration… »
« Épargne-moi ça. »
« Je suis sérieux. » Jingran pousse un long soupir. « Royaumes de mirage, ruines antiques, reliques oubliées… J'écris sur les mêmes choses jour après jour. Même moi, je commence à me lasser de les lire. »
Shouci arque un sourcil.
« Et donc ? »
« Donc, je songe à changer de protagoniste. »
Cette fois, c'est Shouci qui est pris de court.
Jingran se met à compter sur ses doigts. « De toute façon, le premier tome est presque terminé. Autant changer un peu. Je ne vais pas toujours me promener avec une lanterne et m'attirer des ennuis. »
« Et quel genre de personne pourrait bien devenir ton protagoniste ? »
Jingran réfléchit un instant. « Quelqu'un de difficile à cerner. »
Le menton appuyé sur une main, il tourne les yeux vers la fenêtre.
« Quelqu'un d'inébranlable. Sur qui on peut compter. Le genre à savoir déjà quel chemin prendre quand les autres en sont encore à peser le pour et le contre. Le genre à te laisser le choix quand les autres se précipitent pour décider à ta place. »
Plus Shouci l'écoute, plus cette description lui paraît invraisemblable. « Mais quel genre de personne est-ce que tu me décris là ? On dirait une divinité dans son sanctuaire. »

Jingran s'apprête à répliquer lorsque son regard dérive soudain vers l'extérieur.
Sous le soleil de midi, la longue rue grouille d'animation. Les passants y défilent sans relâche, tandis que la lumière ruisselle sur les toits et baigne la chaussée d'une lueur dorée.
Au milieu de la foule, une silhouette familière s'avance depuis l'autre bout de la rue. Jingran cligne des yeux, puis son regard s'éclaire d'un sourire.
« {PlayerName} ! »
Il l'interpelle sans la moindre retenue. Son cri porte d'un bout à l'autre de la rue. L'autre personne s'arrête et lève instinctivement les yeux.
À cet instant précis, le soleil accroche ses prunelles dorées, qui étincellent avec un tel éclat qu'il devient difficile d'en détourner le regard.
Jingran agite la main par la fenêtre, puis se tourne vers Shouci avec un sourire triomphant.
« Tu vois ? En chair et en os. »
Shouci en reste sans voix.
Malheureusement, ce cri a également attiré l'attention de tous les clients de la maison de thé. Guidés par le son, ils tournent les yeux vers l'étage. Certains les plissent pour mieux voir. Soudain, quelqu'un abat la main sur la table et s'écrie :
« Attendez un peu… »
« Ce ne serait pas le Chat-Lampe du Néant, là-haut ?! »
La maison de thé se fige l'espace d'une seconde. L'instant d'après, des dizaines de regards se braquent à l'unisson vers l'étage. Jingran abaisse lentement la pâtisserie qu'il tient à la main.
« … »
« Maître ?! »
« C'est vraiment lui ! »
« On vous tient enfin ! »
« Qu'est-ce qu'il y avait à l'intérieur du navire d'ébène ?! »
« Quand est-ce que le deuxième tome va sortir ?! »
La salle explose dans un tumulte indescriptible. Les chaises raclent le sol tandis que les clients bondissent sur leurs pieds. Même le conteur tend le cou pour regarder à l'étage.
Comprenant que la foule est sur le point de se jeter sur lui de toutes parts, Jingran ferme les yeux d'un air résigné, comme pour dire : « Je savais que ça finirait comme ça. »
« Shouci. » Il s'empare des manuscrits posés sur la table. « À la prochaine. »
Puis, au milieu d'un concert de cris surpris, il monte sur le rebord de la fenêtre et saute dans le vide. L'étage surplombe la rue d'une hauteur considérable. Aux yeux des clients les plus proches, Jingran semble se volatiliser en un clin d'œil : sa silhouette franchit la balustrade avec la grâce d'un oiseau, les pans de sa robe flottant dans les airs. L'instant d'après, il atterrit avec légèreté dans la rue.

« Il s'est échappé ! » s'écrie quelqu'un.
La maison de thé sombre aussitôt dans un chaos plus grand encore. Le fracas des pas et les clameurs font trembler la salle, mais Jingran se contente d'épousseter ses manches comme si de rien n'était. En quelques enjambées tranquilles, il fend la foule et s'arrête devant Nomade.
Il jette d'abord un coup d'œil à la masse compacte de poursuivants qui se rassemble derrière lui, puis reporte son regard sur la personne qui lui fait face. Un sourcil levé, il sourit.
« Tu tombes à pic. »
« Viens. Une minute de plus et ils m'auraient vraiment traîné de force pour que je termine le prochain chapitre. » D'un mouvement du pouce, il désigne l'agitation derrière lui.
« Filons d'ici ensemble. Je t'invite. »

Lignes de Voix de Jingran

Pensées : I
Tiens, je vais te raconter une anecdote. L'autre jour, j'étais sur la place de Huizhen quand j'ai repéré un type qui tenait un exemplaire des Contes du chercheur de mirages. Il racontait à tout le monde qu'il suspectait le Chat-lampe du Néant d'être à l'origine de tout ça. Alors je lui dis que c'est juste une histoire, de la pure fiction. Et là, tu ne devineras jamais… il ne me croit pas du tout ! Il ouvre le livre, le feuillette, et se met à débattre avec moi. Il insiste : pour lui, les détails sont trop précis pour être inventés. Il me raconte toute l'histoire, les personnages, les scènes, les rebondissements… J'étais complètement captivé. Pourquoi tu ris ? Je les raconte bien, ces histoires, non ? Si tu veux, je peux te les raconter à mon tour.
Pensées : II
Pourquoi j'écris ? Pour être honnête, je n'aurais jamais cru que quelqu'un puisse un jour lire ça. J'ai passé le plus gros de mon temps dans les Domaine des Mirages. À chaque fois que je revenais, des gamins venaient s'installer dans l'allée pour que je leur raconte des histoires. Il fallait que j'invente sur le moment : un vieux puits qui crache de l'eau, des poupées de papier qui se baladent à la nuit tombée, ce genre de choses… Au bout d'un moment, il y avait tellement de monde que ça m'échappait totalement. Alors je me suis dit qu'il ne serait pas bête de les écrire. Comme ça, ils peuvent les lire quand ils veulent. C'est mieux que de me faire harceler dès que je rentre à la maison.
Pensées : III
Au final, mon public le plus « fidèle », c'est ce pauvre chat à côté de moi… Qu'il écoute ou non, je m'en fiche. Il profite de moi, donc le minimum, c'est qu'il me tienne compagnie, non ? Je sais que ça me grignote, avec les années. Mais tant pis. Le jour et la nuit, le soleil qui se lève et se couche… tout ça, je m'en moque. Ce que je veux, c'est une vie assez aveuglante pour m'éblouir moi-même. Qu'elle brûle, ou qu'elle parte en cendres. Qui voudrait d'une éternité à moitié vivant, à moitié mort ? Ce n'est pas une vie.
Pensées : IV
Ça fait longtemps que je fais cavalier seul. C'est le travail qui veut ça. Quand on pénètre seul dans un Domaine des Mirages, on ne se retourne pas, et on n'attend personne. Pour être libre, il ne faut pas d'attaches. Quand j'ai infiltré l'atelier de Zhuojun, je n'avais qu'une chose en tête : les dettes de sang se règlent dans le sang. Tout le reste n'était que du bruit.
J'ai toujours pensé que la solitude me suffisait. Mais depuis qu'on a combattu côte à côte… il m'arrive de me dire que, si je devais retourner dans ce Domaine des Mirages, et que tu y sois, ma mission serait peut-être moins morne.
Pensées : V
J'ai vu beaucoup de gens faire des choix. Certains passent leur vie à chercher la lumière, d'autres, comme moi, plongent dans l'obscurité. Toi, t'es plutôt du genre à chercher la lumière. T'as un rôle de sauveur, pas comme moi. Mon chemin, il va vers le bas. Mais te rencontrer m'a ouvert les yeux sur certaines choses, je dois dire… tu m'as appris deux-trois trucs. Comme je le disais, à part ma famille, j'en avais rien à faire, du monde. Mais maintenant que t'es là, il n'a plus l'air aussi terne.
Alors… merci ! La prochaine fois, je te rapporterai un petit quelque chose d'ici.
Passe-temps de Jingran
Mon petit passe-temps ? Explorer les Domaine des Mirages, bien sûr. Dès que j'y pose le pied, je vois toutes les fréquences cachées : objets anciens perdus, parchemins non signés… ils me hurlent aux oreilles dès que je m'en approche. Ça me donne mal à la tête ! Mais parfois, j'entends des choses que les vivants n'entendront jamais, alors… c'est une petite victoire !
Soucis de Jingran
Mes problèmes ? Pff… le sommeil, sûrement. L'inspiration me vient en plein milieu de la nuit, et pour les Domaine des Mirages, le meilleur moment, c'est une fois la nuit tombée. Les choses s'enchaînent… tu vois le genre. Des fois, je m'endors sur mon bureau en journée. Et si on me réveille en sursaut, j'ai l'impression de voir des fantômes en plein jour. Mais en vrai, c'est juste que la nuit est trop courte, c'est tout.
Plat préféré
Pour tout te dire… les sucreries. Surtout le gâteau de riz vapeur de la femme de mon maître. Quand il sort tout juste du cuiseur, il est moelleux, léger, et recouvert de fruits séchés. Ce goût sucré, subtil et si frais… Rha, rien que d'y penser, j'en ai envie. La prochaine fois, il faut que tu y goûtes. Elle me dit tout le temps de t'inviter.
Plat inacceptable
Pour la nourriture, je n'ai pas la patience de l'apprécier. Le pire, c'est le lait : ça me retourne l'estomac. Les trucs aigres, j'aime pas non plus. Et les plats amers, inutile d'insister, je les fuis. Franchement, à ce stade, ce n'est plus de la nourriture, on dirait un médicament !
Idéal
Muyu est mort. J'ai pris ma revanche. Et me voilà de nouveau avec trop de temps libre. Pourtant, le quotidien d'un Abyssomancien ne change jamais : toujours la même routine, les mêmes allers-retours dans les Domaine des Mirages. Maintenant que les choses se sont calmées, je peux enfin me remettre à écrire. Quand je traîne en ville, j'entends sans arrêt les gens demander quand sortira le prochain chapitre des Aventures du Domaine des Mirages. Ça m'agace…
Quand j'aurai terminé le prochain chapitre, je me pencherai un peu sur l'histoire de Muyu. Je vois mal comment un seul homme aurait pu semer un tel chaos à Xuanfang sans complice. Je découvrirai qui tire les ficelles, et je les réduirai en poussière.
Chat: I
Ce pendentif appartenait à mes parents. Pour tout dire, je me souviens à peine de leurs visages. En revanche, je me souviens de chaque anniversaire, quand ils m'emmenaient prier dans un temple en pleine montagne. L'endroit était embaumé d'encens. Même en plein hiver, il brillait d'un éclat doré. Mes parents plaçaient ce pendentif à mon nom devant l'autel. Tous les fidèles inclinaient la tête, priant je ne sais quelle présence qui voulait bien les entendre. Aujourd'hui, je ne crois plus à ces volontés supérieures ni à toutes ces fadaises sur le destin. Je ne m'accroche plus aux prières ni aux bâtons de divination, mais à la lumière qui perce après la neige… et à eux, simplement, en train de marcher à côté de moi.
Chat: II
Tu veux connaître l'histoire de la couleur de mes yeux ? Le vert, c'est celui d'origine. Quant au doré, il est apparu après l'éveil de mon Forte. Je dois avouer que j'ai mis du temps à m'habituer à cette nouvelle apparence quand je me regardais dans le miroir. Ils me permettent de voir les fréquences éparpillées dans les coins sombres du monde. Un peu comme ces fameux yeux « yin yang » dont tout le monde parle. Maintenant que j'y pense… toi aussi, tu as les yeux dorés, mais les tiens ne ressemblent à aucun autre. En revanche, sur toi, l'or a l'air parfaitement naturel.
À propos de Suisui
La célèbre madame l'Émondeuse de Chongming… efficace, vive d'esprit, et toujours prête à se sortir de n'importe quelle situation. À la tête de la guilde marchande de Zhaoming, qu'elle dirige d'une main de fer, elle n'a cessé de la faire prospérer. Des objets rares, venus des quatre coins de Huanglong et d'ailleurs, passent constamment entre ses mains. Je dois avouer que ça m'impressionne : j'ai vu pas mal de reliques et d'objets anciens, mais réussir à dénicher tous ces trésors oubliés pour les remettre sur le marché… ça demande un sacré talent.
À propos de Qingxiao
Une vieille légende raconte qu'une jeune fille était partie en quête d'un Immortel dans les montagnes. En croisant des Tacets Discords, elle paniqua et fit une chute vertigineuse. In extremis, un sabre volant la sauva. Cette jeune fille n'était autre que la vieille dame de Shifu. Dans mon enfance, j'ai entendu cette histoire mille fois, et franchement, je n'y ai jamais cru. Jusqu'à ce que je voie quelqu'un planer sur une lame… Non, il n'y a pas de divinité à Xuanfang, mais il y a bien une cavalière de Xuan.
À propos de Muyu
Un vieux fou sénile. Pour lui, les existences ne pesaient rien, dévoré qu'il était par une obsession misérable. Il aurait mérité de s'agenouiller devant toutes les sépultures qu'il a souillées, y compris celles de mes parents. J'aurais dû le traîner là-bas, le contraindre à plaquer son front contre la pierre jusqu'à ce que ses os craquent. Dommage qu'il ait eu une mort si douce.
À propos du maître
Mon maître a passé sa vie à errer dans les Domaine des Mirages. Il est mort dans l’un d’eux, quand il s’est effondré. Si ce vieux sac d’os traînait encore par là, il approuverait sans doute d’un signe de tête, et lâcherait : « C’est une fin honnête pour un Abyssomancien. » C’est lui qui m’a appris ça, il y a très longtemps. On se disputait pour des artefacts rares qu’on dénichait dans les Domaine des Mirages. Mais quand ça tournait au vinaigre, il était le seul à pouvoir me sortir du pétrin. La plupart des gens disent que « son heure était arrivée ». Moi, je n’y crois pas. Il n’a pas terminé son voyage. Je le finirai pour lui. Jusqu’au bout… sans jamais me retourner.
À propos de Qiuyuan
Nos maîtres se connaissaient bien, autrefois. Quand j'étais jeune, le vieux ne tarissait pas d'éloges sur lui. « Quelle rapidité pour son jeune âge ! » C’est pour ça que je voulais m’entraîner avec lui chaque jour. Puis, un beau jour, le vieillard a simplement… arrêté d’en parler. Il m’envoyait sur les roses dès que j’abordais le sujet. Quand je l’ai recroisé à la Cité de Xuanfang, j’ai enfin compris : c’est un sabre gainé. Il n’a pas quitté son fourreau depuis des années, mais sa lame d’acier vibre encore dans l’ombre.
À propos de Lynx
Oh, tu parles de ma petite boulette ? Haha, oui, l'esprit du lynx enfermé dans ma lampe. En ce moment, je l'appelle par le premier nom qui me passe par la tête. Une fois, je l'ai appelé « anonyme », il est devenu dingue. C'était trop drôle de le voir disjoncter comme ça. Mais ne te fie pas trop aux apparences : j'ai eu du mal à l'enfermer là-dedans, crois-moi.
Vœux d'anniversaire
Joyeux anniversaire, {PlayerName}. Je me suis toujours moquée de fêter le mien, mais pour la dame Shifu et ma jeune élève, pas question de faire l'impasse. Alors, chaque année, elles m'embarquent dans les préparatifs : pose de lanternes, achats de confiseries, confection des nouilles de longévité… Je l'ai fait tellement de fois que je suis devenue une experte. Alors il est naturel que je m'occupe de tout.
Tu me connais. J’offre pas d’encens, je m’incline pas devant l’autel, et je demande jamais rien aux divinités. Je peux donc pas vraiment prier pour que quelqu’un d’autre ait de la chance. Mais bon, si c’est toi… j’imagine que ça servirait à rien de prier. De toute façon, tu peux tout affronter.
Bon, aujourd'hui, profite d'être la star de la fête. Le reste, je gère.
Détendre : I
Contes du chercheur de mirages, chapitre 146 : Dans la pièce, les toiles d'araignées pendaient, épaisses comme des rideaux de deuil, tandis que la poussière tourbillonnait en volutes. Une unique bougie vacillait sur le bureau. Par la fenêtre… une ombre surgit du néant. La peau livide, les os saillants, on aurait juré voir un spectre surgi de l'outre-monde.
Détendre : II
Contes du chercheur de mirages, chapitre 148 : le palais souterrain fourmillait de fantômes, l'air empestait la pourriture. En me retournant, je me suis aperçu que la silhouette derrière moi s'était déjà muée en une statue d'argile, le visage figé dans un sourire tordu…
Détendre : III
Hmm… regarde comme cette huile pimentée a imprégné le plat ! C'est ça que j'aime ! Tu en veux un peu ? Me regarde pas comme ça. C'est ton problème si t'arrives pas à en chiper.
Tss. Si c'est trop épicé pour toi, pourquoi faire semblant de gérer ? Retourne dans la lampe.
Présentation personelle
Jingran, l'Abyssomancien. J'erre entre le yin et le yang. Je parcours des chemins qui pourraient me mener à la gloire comme à la ruine. J'avance au milieu des ombres pour entrevoir l'autre côté de la route.
Saluation
Les esprits s'inclinent. Plus rien à craindre.
Rejoindre l'équipe : I
C'est enfin à moi ?
Rejoindre l'équipe : II
Mettre ma vie en jeu ? Ça me va.
Rejoindre l'équipe : III
La voie vers l'inframonde s'ouvre… J'aurais pas pu rêver mieux.
Ascension: I
Se faire suivre par les esprits et se faire lier par le Chi obscur… ça a l'air pénible. Mais j'ai fini par m'y habituer. Et maintenant qu'ils obéissent à mes ordres, c'est plus si mal.
Ascension: II
La flamme de cette lampe est nourrie par ma vie. Ne me plains pas. Je préfère brûler toutes ces années plutôt que de les ménager.
Ascension: III
Mes yeux… ils me brûlent. Ce qui était caché réapparaît peu à peu. Quand je marche dans la nuit, le vent dans les ruelles, les ombres au coin des murs et les voix montant de sous terre s'entrechoquent et me vrillent les oreilles. Pourtant, quand le silence revient, je continue d'écouter. C'est épuisant.
Ascension: IV
Tout se calme. Je parviens enfin à distinguer le vent des murmures, et… des vivants.
J'ai longtemps cru que le chemin que je suivais n'était pas fait pour les vivants, et qu'aucune lueur ne brillait devant moi. Je m'étais tellement habitué à ces journées… et pourtant, sans même m'en rendre compte, quelque chose avait changé.
Ascension: V
Le destin ? Je n'y crois pas. S'il existe, c'est forcément une blague de très mauvais goût. J'ai vu trop de gens biens mourir pour rien, pendant que les mauvais, eux, continuaient à vivre. J'ai vu des gens honnêtes s'effondrer, tandis que les profiteurs prospéraient, piétinant les cadavres et lâchant d'un ton désinvolte « C'est la vie », comme pour justifier l'injustice. Est-ce que c'est acceptable, ça ? Moi, je refuse ce poison.
Si ce destin tout tracé existe vraiment, je le briserai. Je le défierai, je le piétinerai.
Attaque normale : I
Fracture.
Attaque normale : II
Malédiction.
Attaque normale : II
Destruction.
Attaque normale : IV
Corrosion.
Attaque normale : V
Assèchement.
Attaque normale : VI
Je prendrai ton âme !ALT : Rompue et récupérée !
Attaque lourde : I
Que toutes les formes soient brisées !
Attaque lourde: II
L'au-delà vous appelle !
Attaque lourde: III
Brûle… dans ma lampe !
Attaque lourde: IV
Aucun destin ne pourra m'arrêter !
Attaque lourde: V
Rejoins-moi… dans l'inframonde.
Attaque lourde: VI
Où tu vas comme ça ?
Attaque aérienne : I
Ma lampe ne guide aucune âme qui vive.ALT : Lampe levée, qu'aucune âme ne suive !
Attaque aérienne : II
Ma lame sépare la vie de la mort.ALT : Lame dégainée, vie et mort sont liées !
Attaque aérienne : III
Nul destin ne guide mes pas.
Compétence résonatrice: I
Le yin et le yang… à jamais divisés.
Compétence résonatrice: II
Des milliers d'âmes trépassent !
Compétence résonatrice: III
Descends sans aucun regret !
Compétence résonatrice: IV
Les ombres défient les cieux.
Compétence résonatrice: V
Âmes brisées, franchissez le pas.
Compétence résonatrice: VI
Jusqu'à ce que… les ténèbres s'étalent.
Libération résonatrice: I
Les os sacrés pourrissent. L'obscurité envahit les cieux.
Libération résonatrice: II
L'inframonde bouillonne : l'aube et la poussière ne font plus qu'un.
Libération résonatrice: III
Toutes les âmes convergent. Le monde se brise.
Esquiver
C'est fini ?
Riposte
Silence.
Attaqué
… Intéressant.
Blessé: I
Dur dur…
Blessé: II
Là… ça me plaît.
Blessé: III
Enfin un peu de sang.
Epuisé: I
Les vents froids d'en bas… enfin un peu de paix.
Epuisé: II
J'ai déjà connu ça.
Epuisé: III
La mort n'est rien qu'une autre vie.
Invoquer l'Écho
Esprits, écoutez-moi.
Se transformer
Diable, fusionne avec moi !
Alerte
Ha… mes os attendaient ça avec impatience.
Planeur
C'est à cette hauteur qu'on s'amuse vraiment.
Senseur
Compris !
Ruée
Allez.
Coffre: I
Enfin, ça vaut le coup !
Coffre: II
Bien joué. Trouvé, gardé !
Coffre: III
Presque pas de qi sombre. Tss. Coup de bol.